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21/09/2017 07:24 EDT | Actualisé 21/09/2017 07:40 EDT

France: les opposants à la réforme du droit du travail à nouveau dans la rue

Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté jeudi contre la réforme du droit du travail en France, maintenant la pression sur le président Emmanuel Macron, qui reste déterminé à inscrire au plus vite ce texte dans la loi.

"Macron, marionnette des patrons", "retrait de la loi travail" ou encore "La loi Macron, c'est pour les patrons": à Paris, Rennes (ouest) ou Marseille (sud), les slogans et pancartes rivalisaient de créativité.

Mais, par rapport à la première manifestation du 12 septembre, la mobilisation semblait en retrait, en régions comme à Paris, selon les chiffres recueillis par l'AFP auprès des organisateurs et des autorités.

Dans la capitale, 16.000 personnes ont manifesté selon la police, 55.000 selon la CGT, principal syndicat organisateur (24.000 à 60.000 le 12 septembre).

Sur l'ensemble de la France, le mouvement de la semaine dernière avait réuni entre 223.000 et 500.000 personnes (chiffres police et organisateurs), confrontant le président Macron à son premier test social depuis son élection en mai.

Le "niveau de mobilisation est équivalent à la semaine dernière", a cependant assuré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

A Perpignan (sud), Bernard, un retraité de la Poste, défilait contre "le projet brutal de Macron", "antisocial et antidémocratique". A Auch (sud), Pierre Wiart, représentant syndical, appelait à "lutter contre Macron, le Robin des Bois à l'envers".

- 'Coup d'Etat social' -

Après le mouvement syndical de jeudi viendra samedi l'action politique, avec une autre manifestation, organisée à Paris seulement par la gauche radicale. Son leader Jean-Luc Mélenchon, qui qualifie les réformes Macron de "coup d'Etat social", voit dans cette action le moyen de conforter son rôle de "principal opposant" à Emmanuel Macron, en perte de vitesse dans les sondages.

"On est combatif, je le redis, ce n'est que le début... Samedi, il va y avoir la masse", a-t-il assuré jeudi, en référence au mouvement des routiers ou des fonctionnaires annoncé ces prochaines semaines.

Mais le chef de l'Etat n'a aucune intention de céder et veut promulguer dans les tout prochains jours la réforme du travail, une de ses promesses phares de campagne. Le texte prévoit d'accroître la "flexibilité" de la réglementation du travail, de plafonner les indemnités de licenciement ou de passer outre les syndicats pour négocier dans les entreprises de moins de 50 salariés.

"Je crois en la démocratie, mais la démocratie, ce n'est pas la rue", a tranché Emmanuel Macron mardi. "Si je respecte ceux qui manifestent, je respecte aussi les électeurs français, et ils ont voté pour le changement", a insisté le chef de l'Etat, dont le parti a raflé une écrasante majorité des sièges à l'Assemblée nationale en juin.

Le gouvernement martèle que la réforme du Code du travail sera un remède contre le "chômage de masse". Le taux de sans-emplois atteint 9,6% en France, contre une moyenne de 7,8% en Europe.

Jeudi, le FMI a une nouvelle fois "salué le large programme de réformes" du gouvernement Macron, relevant à 1,6% pour cette année et 1,8% pour 2018 ses prévisions de croissance pour la France.

- Front syndical divisé -

Plébiscités par le patronat, les textes réformant le droit du travail doivent être examinés ce vendredi en conseil des ministres avant d'être promulgués peu après.

Pour Philippe Braud, professeur émérite à Sciences Po, à Paris, l'exécutif semble avoir l'avantage dans le bras de fer engagé. "Le mouvement de contestation est en perte de vitesse depuis 10 ans. Il y a une forme de résignation au regard des réformes nécessaires. Les Français l'acceptent sans enthousiasme", estime-t-il.

En outre, Emmanuel Macron fait face à un front syndical divisé. S'il y a consensus entre les syndicats français pour dire que cette loi risque d'affaiblir les droits des salariés - une vision que partagent les Français selon les sondages - nombre d'entre eux n'ont pas appelé à manifester.

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