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21/09/2017 01:32 EDT | Actualisé 21/09/2017 01:40 EDT

France: crise au Front national, le bras droit de Marine Le Pen claque la porte

Florian Philippot, considéré comme le bras droit de Marine Le Pen au sein du parti d'extrême droite français Front national, a annoncé jeudi qu'il "quittait" la formation, signe des tensions au sein de ce parti depuis l'échec à la présidentielle de mai.

"Je quitte le Front national", a lancé le haut fonctionnaire de 35 ans, privé la veille d'une partie de ses attributions par la présidente du FN, dont il a longtemps été proche.

"Le Front s'en remettra sans difficulté", a répliqué Marine Le Pen, qui ne se "réjouit pas" du départ de Florian Philippot mais "respecte" sa décision.

Fragilisée au sein de son parti par sa défaite à la présidentielle face au centriste Emmanuel Macron à la présidentielle, Marine Le Pen a assuré être "la plus solide et la mieux placée" pour l'élection de 2022.

Fervent partisan de la sortie de l'euro - une ligne très critiquée en interne - et artisan depuis 2011 d'une stratégie de "dédiabolisation" d'un FN à l'image longtemps sulfureuse, M. Philippot était engagé dans un bras de fer avec la patronne du parti depuis plusieurs jours.

Cette dernière lui reprochait un "conflit d'intérêt" depuis la création par M. Philippot d'une association politique, "Les Patriotes".

Après l'avoir sommé en vain de choisir entre son poste de vice-président du FN chargé de la stratégie et de la communication et celui de président des "Patriotes", elle l'avait rétrogradé mercredi soir au rang de vice-président sans attribution.

"On m'a dit que j'étais vice-président à rien... Ecoutez, je n'ai pas le goût du ridicule, je n'ai jamais eu le goût de rien faire, donc bien sûr je quitte le Front national", a réagi Florian Philippot sur la chaîne France 2.

"Mon engagement politique reste intact (...), je continuerai à me battre", a ajouté celui qui refusait ces derniers jours d'avoir "un pistolet sur la tempe".

- Anti-euro -

Haut fonctionnaire de 35 ans, M. Philippot était devenu fin 2011 directeur stratégique de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, et il était depuis la principale figure du FN à intervenir au quotidien dans les médias.

Chantre d'une ligne souverainiste, farouchement anti-euro et soucieux des questions sociales et sociétales, il hérissait de longue date les conservateurs du parti, plus libéraux économiquement et focalisés sur la lutte contre l'immigration et "l'islamisme".

"Le Front national va enfin connaître l'apaisement face à un extrémiste sectaire, arrogant et vaniteux qui tentait de museler notre liberté de débattre", a ainsi tweeté Louis Aliot, vice-président du parti et compagnon de Marine Le Pen.

Les tensions au sein du Front national se sont exacerbées ces derniers mois, certains responsables du parti doutant désormais que Marine Le Pen soit leur meilleur porte-drapeau.

Le Front national est coutumier des soubressauts et des claquements de portes. Marine Le Pen s'est notamment violemment brouillée avec son père Jean-Marie, co-fondateur du parti, exclu en août 2015 avant d'être rétabli par la justice au poste honorifique de président d'honneur du FN.

La présidente du Front national a récemment promis une refondation de la formation avec un nouveau nom et des orientations ajustées, à l'issue d'un congrès en mars.

Pour Florian Philippot, "cette refondation (cache) un retour en arrière terrible, le FN rattrapé par ses vieux démons".

"Je ne me réjouis pas du départ de Florian". Mais "on n'est pas obligé de tomber dans une critique outrancière et à mon avis en partie quand même diffamatoire du mouvement que l'on vient de quitter", a accusé jeudi Marine Le Pen.

Le chantier lancé par Marine Le Pen pour redresser son parti, qui n'a obtenu que 13% des voix au premier tour des législatives de juin, et retrouver son image d'opposante en chef au président Emmanuel Macron s'annonce laborieux.

Pour l'heure, dans l'opinion publique française, c'est la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon qui incarne le premier opposant à l'exécutif (32% des personnes interrogées), largement devant le Front national (14%) et le parti de droite Les Républicains (9%), selon un récent sondage.

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