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20/09/2017 22:12 EDT | Actualisé 20/09/2017 22:20 EDT

Des législatives très indécises, samedi en Nouvelle-Zélande

Les Néo-Zélandais sont appelés aux urnes samedi pour des législatives qui s'annoncent beaucoup plus indécises que prévu entre les conservateurs du Premier ministre Bill English et les travaillistes de la charismatique trentenaire Jacinda Ardern.

Depuis l'entrée en vigueur en 1996 d'un nouveau système électoral, qui implique que les Néo-Zélandais votent d'une part pour une liste et de l'autre pour un candidat, aucun parti n'est parvenu seul à rafler la majorité absolue.

Sauf coup de tonnerre, le scrutin de samedi ne fera pas exception et sera suivi de marchandages avec les "petits" partis pour forger une coalition.

M. English, qui avait succédé en décembre au très populaire John Key, avait il y a deux mois encore la partie gagnée d'avance face à un centre-gauche au fond du trou.

Mais la campagne a changé de physionomie avec l'arrivée à la tête de l'opposition le 1er août de Mme Ardern. Elle a bénéficié d'un extraordinaire élan de sympathie et fait gagner initialement aux travaillistes 20 points dans les sondages.

A 37 ans, elle postule donc pour être la plus jeune Premier ministre de son pays depuis 1856, et la troisième femme à occuper cette fonction.

Cependant, tout porte à croire que ces législatives, qui ont lieu tous les trois ans en Nouvelle-Zélande, seront les plus serrées depuis 2005, tant les sondages ont varié.

"Ca va être sur le fil du rasoir", pronostiquait récemment Mme Ardern, qui a joué à fond la carte du changement générationnel après neuf années de règne du Parti national (centre-droit).

- 'Course à la célébrité' -

Plus l'écart sera serré entre travaillistes et conservateurs, plus le poids des "petits" partis sera grand dans les tractations pour faire basculer la majorité d'un côté ou de l'autre. Les négociations pourraient même durer une semaine.

Comme en 2011 et 2014, l'arbitre principal devrait être le parti populiste Nouvelle Zélande d'abord de Winston Peters, 72 ans.

Avec Mme Ardern, les travaillistes n'ont cessé de dénoncer l'usure du pouvoir des conservateurs qui seraient à court d'idées après neuf ans aux affaires.

Celle qui a commencé sa carrière politique aux côtés de l'ancienne Premier ministre Helen Clark a surtout fait campagne sur des questions sociétales comme la protection de l'environnement, l'accès au logement, promettant aussi la gratuité de l'éducation supérieure.

Pour M. English, la "Jacinda-mania", tel que les médias ont surnommé la vague de popularité de la dirigeante travailliste, n'est que du vent.

L'ancien agriculteur de 55 ans, père de six enfants, a mis en avant son bilan aux Finances sous le gouvernement Key, assurant que seul le Parti national pouvait entretenir la robuste croissance de l'économie locale.

Voilà plus d'un demi-siècle qu'un gouvernement néo-zélandais n'a pas remporté quatre élections d'affilée.

Mais M. English se montre très optimiste quant à ses chances de victoire, convaincu que ses concitoyens ne sont plus dupes face au mirage que serait le phénomène Ardern.

"Il ne s'agit pas d'une course à la célébrité", a-t-il martelé. "Il s'agit de savoir ce que va devenir la Nouvelle Zélande dans les prochaines années."

Le dernier sondage, publié mercredi, replaçait le Parti national largement en tête avec 46% contre 37% pour les travaillistes. Mais M. English a assuré qu'il ne se fiait pas aux enquêtes d'opinion, et que l'élection était "au coude à coude"

Les possibilités de coalition sont nombreuses avec les Verts, le Parti maori, les libéraux d'ACT ou les centristes d'United Future. Mais selon toute vraisemblance, c'est Nouvelle Zélande d'abord qui aura les cartes en main.

Son chef de file, le maori Winston Peters, connu pour ses prises de position contre l'immigration asiatique, avait en 1996 aidé les conservateurs à prendre le pouvoir contre un poste de vice-Premier ministre. En 2005, il avait rejoint une coalition travailliste en échange des Affaires étrangères.

Il est resté évasif sur son positionnement cet année, mais fait clairement comprendre qu'il vendrait chèrement son soutien.

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