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20/09/2017 21:49 EDT | Actualisé 20/09/2017 22:00 EDT

Début en Irak de l'offensive contre l'un des deux derniers bastions de l'EI

Les forces irakiennes ont lancé jeudi à l'aube une offensive contre Hawija, l'un des deux derniers bastions du groupe État islamique (EI) dans le pays, a annoncé le Premier ministre Haïder al-Abadi.

La région de Hawija, située dans la province pétrolière de Kirkouk, à 230 km au nord-est de Bagdad, a été la première avec celle de Mossoul à tomber aux mains des jihadistes en juin 2014.

"A l'aube d'une nouvelle journée, nous annonçons le lancement de la première étape de la libération de Hawija, conformément à l'accomplissement de notre engagement envers notre peuple à libérer tout le territoire irakien et de le purger des gangs terroristes de +Daech+ (acronyme en arabe de l'EI)", a affirmé dans un communiqué M. Abadi.

Il a salué les forces de sécurité "qui livrent plusieurs batailles de libération en même temps et qui remportent victoire après victoire". "Celle-ci en sera une autre, avec l'aide de Dieu", a ajouté le Premier ministre.

De violents bombardements à l'artillerie étaient entendus jeudi matin et l'armée se dirigeait vers la localité de Sharqat, au sud-ouest de Hawija, a indiqué un journaliste de l'AFP sur place.

Hawija est située dans la province pétrolière de Kirkouk, que se disputent depuis des années le gouvernement fédéral à Bagdad et la région autonome du Kurdistan qui la borde au nord et à l'est.

La bataille pour la reconquête de cette ville de plus de 70.000 habitants intervient à l'approche du référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien, auquel la province de Kirkouk a décidé de participer, contre l'avis de Bagdad qui juge ce vote contraire à la Constitution irakienne.

La région de Kirkouk avait été surnommée par les forces américaines, qui ont envahi le pays en 2003, le "Kandahar d'Irak", en allusion aux talibans en Afghanistan, en raison du nombre d'attentats contre leurs soldats.

Elle a également été un bastion antigouvernemental et en avril 2013, les autorités avaient abattu des dizaines de manifestants sunnites.

A cet époque, Maria Fantappie, analyste auprès de l'organisation non-gouvernementale International Crisis Group, avait estimé que Hawija avait été "un tournant dans la violence qui avait permis de réactiver des groupes insurgés" ainsi que les extrémistes liés à Al-Qaïda.

La minorité sunnite, au pouvoir sous Saddam Hussein, avait lancé fin 2012 une campagne de protestation contre le gouvernement, contrôlé par les chiites, accusés de vouloir monopoliser tous les pouvoirs et de procéder à des arrestations arbitraires.

Concomitamment à l'offensive sur Hawija, les forces irakiennes poursuivent leur offensive dans le désert dans l'ouest du pays.

L'opération, appuyée par les avions de la coalition internationale antijihadistes et les hélicoptères de l'armée irakienne, vise à s'emparer de trois localités toujours aux mains des jihadistes, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne dans l'immense et désertique province occidentale d'al-Anbar.

L'objectif des troupes irakiennes est de reprendre Anna, puis Rawa et enfin Qaïm, dernière localité avant la frontière et la province syriennes de Deir Ezzor.

ac/sk/mer