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21/09/2017 05:49 EDT | Actualisé 21/09/2017 06:00 EDT

Allemagne : le syndicat IG Metall craint une percée des populistes de droite

Le président d'IG Metall, le puissant syndicat allemand de la métallurgie, redoute une percée de l'extrême droite dimanche lors des législatives en Allemagne et regrette que le candidat social-démocrate n'ait pas su mieux défendre son projet.

"Je crains vraiment qu'une campagne électorale qui a largement ignoré les sujets importants pour la population ne rende forte la droite populiste", a déclaré Jörg Hofmann mercredi soir devant le club de la presse économique à Francfort.

Le score du parti de la droite populiste Alternative pour l'Allemagne (AfD) "devrait dans tous les cas être au minimum égal aux derniers sondages connus", a redouté le leader syndical.

Une enquête de l'institut YouGov faisait mardi de l'AfD la possible troisième force politique au Bundestag à l'issue du scrutin de dimanche. Le jeune parti entrerait à la chambre des députés avec 12% des voix, soit 85 sièges, derrière le camp conservateur d'Angela Merkel (CDU-CSU) puis les sociaux-démocrates du SPD emmenés par Martin Schulz.

Ce dernier, distancé selon les sondages dans la course à la chancellerie, n'a guère réussi à faire entendre sa dénonciation des injustices sociales dans un pays en pleine croissance, où le chômage est au plus bas depuis la réunification.

"Cela aurait davantage aidé Martin Schulz s'il avait défendu plus en profondeur quelques idées de réformes, plutôt que de lancer un feu d'artifice de propositions pendant une période relativement courte", a regretté Jörg Hofmann.

Le syndicat IG Metall se prépare quant à lui à réclamer au nom de ses 2,3 millions d'adhérents une augmentation de salaire d'environ 6% dans plusieurs secteurs à partir de 2018. La revendication précise sera arrêtée pendant la seconde moitié d'octobre.

"L'industrie vrombit, aussi la retenue salariale n'est pas nécessairement ce que nos collègues attendent de nous", a expliqué le leader syndical, amusé d'avoir reçu "des soutiens comme jamais ces dernières années en provenance des marchés financiers et de représentants de la Banque fédérale allemande comme de la Banque centrale européenne."

L'Allemagne est régulièrement critiquée en raison de ses excédents commerciaux jugés trop élevés, le FMI appelant notamment le pays à investir pour stimuler à la fois sa demande intérieure et les économies de ses partenaires commerciaux.

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