NOUVELLES
19/09/2017 06:43 EDT | Actualisé 19/09/2017 07:00 EDT

Voiture de police incendiée en France: faux départ du procès, qui reprend mercredi

Le procès de l'attaque très médiatisée en mai 2016 d'une voiture de police à Paris, en marge d'une manifestation, a été suspendu mardi après un début chaotique, et reprendra mercredi, a indiqué le président du tribunal.

L'audience, dans une salle étriquée et sur fond de clameurs des partisans des prévenus massés à l'extérieur, avait auparavant été interrompue deux fois en raison de protestations des avocats de la défense.

Parmi eux, Me Henri Leclerc avait dénoncé "des conditions qui ne sont pas dignes de ce qu'est la justice" et affirmé : "La défense est maltraitée".

Le procès reprendra donc mercredi, jusqu'à vendredi, dans une salle un peu plus grande.

Le 18 mai 2016, le syndicat de policiers Alliance avait appelé à manifester contre la "haine anti-flics". Un collectif dénonçant les violences policières avait alors organisé un contre-rassemblement. Ce sont certains de ces contre-manifestants qui sont impliqués dans l'attaque de la voiture.

Sur un petit film visionné à des centaines de milliers de reprises sur Youtube, on voit un groupe de personnes vêtues de noir, visage le plus souvent dissimulé, entourer un véhicule de police coincée dans la circulation, au coeur de la capitale française.

Des projectiles volent, des vitres du véhicule sont brisées à coups de pied ou de plot métallique, une fusée de détresse est lancée dans l'habitacle et la voiture s'embrase.

Un colosse en uniforme sort et pare à mains nues des coups de barre de fer, avec un aplomb qui lui vaudra le surnom de "policier kung fu".

Ce fonctionnaire, Kevin Philippy, et sa collègue Allison Barthélémy sont parties civiles au procès, tout comme le syndicat Alliance.

Neuf personnes au total ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris. Trois sont détenues et cinq sont sous contrôle judiciaire, tandis qu'un neuvième homme, résidant en Suisse et auquel est attribué le jet de la fusée de détresse, est sous le coup d'un mandat d'arrêt.

Si certains prévenus ont reconnu les faits qui leur sont reprochés, d'autres nient toute violence, et l'un est resté muet face aux enquêteurs.

L'enquête a suscité son lot de critiques, de part et d'autre. Les trois premiers suspects, arrêtés au bout de quelques heures, l'ont été sur la base d'un témoignage anonyme dont il est apparu qu'il émanait d'un policier. Un protagoniste a été pendant un certain temps accusé à tort d'avoir frappé un policier.

La détention provisoire pendant dix mois de celui qui sera le prévenu le plus en vue, Antonin Bernanos (29 ans), étudiant en sociologie, a par ailleurs indigné ses professeurs et suscité une mobilisation qui durera aussi le temps du procès.

Amis et partisans des prévenus étaient venus lundi par dizaines au Palais de justice à l'appel de plusieurs collectifs de gauche radicale.

Jean-Claude Delage, patron du syndicat Alliance, a lui réclamé "un signal fort" de la part de la justice alors que certains policiers n'ont pas digéré que les suspects ne soient finalement pas jugés pour tentative de meurtres.

Six prévenus sont poursuivis pour "violences aggravées sur policiers en réunion", et risquent à ce titre jusqu'à dix ans de prison.

aue/spe/dab/elp