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19/09/2017 00:53 EDT | Actualisé 19/09/2017 01:00 EDT

Rencontre Sissi-Netanyahu: l'Egypte veut revenir sur le devant de la scène régionale

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a rencontré pour la première fois publiquement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lundi à New York, témoignant de la volonté du Caire de revenir sur le devant de la scène diplomatique au Proche-Orient.

En marge des travaux de l'Assemblée générale des Nations unies, les deux hommes ont évoqué le processus de paix israélo-palestinien, en panne depuis 2014, a indiqué mardi la présidence égyptienne dans un communiqué.

A l'issue de cette rencontre publique inédite avec M. Netanyahu, le président Sissi a souligné l'importance de "relancer les négociations entre Palestiniens et Israéliens en vue de parvenir à un règlement global".

Selon le communiqué, les deux dirigeants ont discuté "des moyens de reprendre" ces négociations, sans autre précision sur la méthodologie.

Cette rencontre new-yorkaise intervient dans le sillage d'un autre développement significatif au Proche-Orient: l'entretien lundi entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du mouvement islamiste Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Ce début de rapprochement entre les deux frères ennemis palestiniens, à couteaux tirés depuis une décennie, a notamment été rendu possible par la médiation du Caire, où M. Haniyeh s'est rendu au cours de la semaine passée.

A son retour, le chef du Hamas avait annoncé la dissolution d'un organisme controversé à Gaza, enclave que le mouvement dirige, et exprimé sa disposition à oeuvrer à une réconciliation avec le Fatah de M. Abbas.

Ce déplacement d'Ismaïl Haniyeh en Egypte pour discuter de la réconciliation palestinienne a en outre marqué un développement notable dans l'attitude du Caire vis-à-vis du mouvement islamiste palestinien, après une longue période de froid.

Le Hamas était accusé de soutenir la confrérie des Frères musulmans, classée organisation terroriste par le régime de l'ex-maréchal Sissi depuis le renversement à l'été 2013 du président islamiste Mohamed Morsi.

- Solution à deux Etats -

De New York, le président américain Donald Trump a assuré lundi qu'un accord de paix israélo-palestinien était "possible", ajoutant que son administration ferait tout son possible pour parvenir à régler ce dossier épineux, malgré les échecs à répétition de Washington.

Dans cette perspective, l'Egypte est redevenue un interlocuteur majeur depuis l'arrivée de M. Trump à la Maison Blanche début 2017. Les relations entre les deux proches alliés s'étaient nettement refroidies après la chute de Mohamed Morsi en 2013 et la répression sanglante du régime égyptien qui avait suivi.

Le gendre et conseiller du président américain, Jared Kushner, est très impliqué dans les efforts de Washington pour relancer le processus de paix, et il s'est à nouveau rendu dans la région fin août.

Une ombre au tableau néanmoins: les dirigeants palestiniens cachent de moins en moins leur frustration vis-à-vis de l'administration Trump, qui s'est gardée jusqu'ici de soutenir la solution à deux Etats avec la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Il serait "complètement aberrant" que M.Trump ne soutienne pas cette solution, a affirmé lundi un haut conseiller de M. Abbas, à l'aube d'une rencontre mercredi entre ce dernier et le président américain à New York.

Mardi, le ministre israélien de la Coopération régionale, Tzahi Hanegbi, qui se trouve également à New York, s'est en tout cas félicité de la rencontre Netanyahu-Sissi.

"Les relations entre les deux pays n'ont cessé de se renforcer depuis deux ans, mais la surprise est venue du fait que, contrairement au passé, le président égyptien a accepté d'assumer publiquement ces relations", a dit M. Hanegbi, un proche du Premier ministre, sur la radio militaire israélienne.

"Nous espérons que les prochaines rencontres prendront un caractère routinier", a-t-il ajouté.

Interrogé sur l'absence du drapeau israélien sur les photos et la vidéo de la rencontre diffusées par le bureau de presse gouvernemental israélien, Tzahi Hanegbi a minimisé la signification.

"L'entretien a eu lieu dans l'hôtel de la délégation égyptienne et il est évident qu'elle ne pouvait pas disposer d'un stock de drapeaux étrangers", a jugé le ministre.

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