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18/09/2017 23:37 EDT | Actualisé 19/09/2017 00:00 EDT

Les parlementaires néo-zélandais cloués au sol à quelques jours des élections

Les parlementaires néo-zélandais ont reçu l'ordre mardi de ne plus prendre l'avion pour ne pas aggraver l'impact d'une pénurie de carburant sur l'aéroport d'Auckland, consigne potentiellement problématique à quatre jours de législatives indécises.

Le principal aéroport du pays est actuellement lourdement pénalisé par la rupture d'un pipeline qui a réduit de 70% ses approvisionnements en carburant.

"Nous prenons ce sujet très au sérieux et nous travaillons pour minimiser les perturbations", a déclaré le Premier ministre Bill English, issu du Parti national (centre-droit).

Des dizaines de vols ont été annulés depuis dimanche en raison de cette fuite, vraisemblablement accidentellement provoquée par les travaux d'une excavatrice.

Ce pipeline ne sera pas réparé avant la semaine prochaine. Et les automobilistes néo-zélandais voient à leur tour poindre le spectre de pénuries d'essence, certains médias affirmant que des stations-services d'Auckland sont déjà à sec.

M. English a indiqué que des camions militaires et un pétrolier avaient été mobilisés pour distribuer du carburant dans tout le pays et tenter ainsi d'éviter des pénuries pour les automobilistes.

Il a par ailleurs demandé aux parlementaires de la majorité de ne pas prendre d'avion dans le cadre de leur campagne pour ne pas contribuer à l'engorgement des aéroports. Les fonctionnaires ont reçu des consignes similaires.

Le Premier ministre a nié que cette interdiction pénalise les élus en pleine campagne, alors que ces législatives pourraient être particulièrement serrées.

"La plupart de nos ministres et parlementaires sont dans leurs circonscriptions, et je leur ai conseillé d'éviter les voyages non nécessaires", a-t-il dit aux journalistes. "Ils devraient rester faire campagne dans leurs circonscriptions."

La chef de file de l'opposition, Jacinda Ardern, a dénoncé le fait que le pipeline ait été si facilement endommagé.

"Des travaux auraient dû être menés pour permettre que nous soyons plus robustes que cela", a-t-elle dit aux journalistes.

"Un pipeline, une excavatrice et la Nouvelle-Zélande est à l'arrêt", a-t-elle déploré, accusant le gouvernement de ne pas avoir tenu compte en 2012 d'informations sur la vulnérabilité du pipeline.

Propulsée à la tête du Parti travailliste le 1er août après le retrait de son précédent chef Andrew Little, cette parlementaire de 37 ans a été à l'origine d'une spectaculaire remontée de sa formation, qui fait désormais jeu égal dans les sondages avec le Parti national.

On ignore si l'affaire de la fuite du pipeline aura un impact sur le choix des électeurs.

Le Premier ministre s'est de son côté efforcé de rassurer la population: "Il n'y a aucune raison de se précipiter sur les pompes à essence. Les compagnies pétrolières se sont montrées claires à ce sujet."

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