NOUVELLES
19/09/2017 03:28 EDT | Actualisé 19/09/2017 03:40 EDT

Hong Kong: Chris Patten espère un dialogue entre les parties opposées

L'ex-gouverneur britannique de Hong Kong Chris Patten a estimé mardi que le choix de l'exécutif hongkongais de demander une peine plus sévère contre les leaders de la "révolte des parapluies" de 2014 était "politique", appelant par ailleurs les différentes parties au dialogue.

M. Patten fut le dernier gouverneur britannique de Hong Kong avant sa rétrocession en 1997 à la Chine. Il s'est plusieurs fois exprimé sur la nécessité de respecter l'accord de rétrocession qui garantit théoriquement pendant 50 ans au petit territoire chinois des libertés inconnues ailleurs en Chine.

De plus en plus de voix accusent cependant Pékin de renforcer son contrôle de la "région administrative spéciale" et de ne pas respecter le principe "Un pays, deux systèmes".

Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow, trois jeunes leaders du vaste mouvement prodémocratie de l'automne 2014, ont été condamnés le mois dernier à des peines de prison pour leur rôle dans la révolte, nouveau coup porté à ceux qui militent pour les réformes politiques.

Le tribunal avait été saisi sur un appel du parquet qui trouvait trop clémentes les peines prononcées en première instance. En août 2016, MM. Wong et Law avaient été condamnés à des travaux d'intérêt général (TIG) et M. Chow à trois semaines de prison avec sursis.

"Je ne cherche pas à questionner la décision des juges, des tribunaux, le système, sauf quand des décisions politiques sont prises", a déclaré mardi M. Patten à des journalistes au au Club des correspondants étrangers (FCC) de Hong Kong.

"Je pense que dans le cas de Joshua Wong et de ses collègues il y a eu une décision politique du secrétaire à la Justice de faire appel des verdicts de première instance", a-t-il ajouté.

Il a rappelé que le secrétaire à la Justice, Rimsky Yuen, avait récemment donné une conférence à l'Université d'Oxford, dont M. Patten est recteur, au cours de laquelle il avait décrit Hong Kong comme "le coeur international de l'Asie pour l'Etat de droit".

"Je soutiens fortement cette proposition, mais je ne suis pas sûr que ce qui s'est passé en soit un très bon exemple", a-t-il dit.

En novembre, Chris Patten avait fustigé le mouvement indépendantiste hongkongais, estimant qu'il desservait le combat pour davantage de démocratie dans le territoire. Il avait cependant réaffirmé qu'il soutenait pleinement le mouvement luttant pour plus de démocratie à Hong Kong.

Mardi, la chef de l'exécutif hongkongais a affirmé qu'il ne pouvait "y avoir de discussion sur la question de l'indépendance de Hong Kong".

"J'espère qu'il y aura un dialogue", a dit M. Patten même s'il ne soutient pas la cause indépendantiste. "On ne peut croire que les gens accepteront vos valeurs ou jugements politiques sans que vous n'en parliez avec eux."

lm/mtp/jac/mdr