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19/09/2017 09:06 EDT | Actualisé 19/09/2017 09:40 EDT

GB: les Libéraux-démocrates se cherchent une stratégie au-delà du Brexit

Les militants de l'europhile Parti libéral-démocrate réunis à Bournemouth, dans le sud de l'Angleterre, s'interrogeaient mardi sur la pertinence de leur positionnement comme seule grande formation politique britannique anti-Brexit, après la déconfiture aux dernières législatives.

Le Lib-Dem, troisième parti du pays derrière les conservateurs et les travaillistes, pensait pouvoir profiter de la confusion qui règne au sein du gouvernement conservateur de Theresa May sur le dossier Brexit pour augmenter significativement son nombre de sièges au Parlement lors du scrutin de juin.

Il n'en avait finalement obtenu que 12, trois de plus que lors de la précédente législature.

Cette position anti-Brexit, "est une arme à double tranchant", estimait un membre du Lib-Dem, Clive Dellard, 61 ans. "On ne veut pas devenir un parti avec un projet unique".

Ce militant a rejoint les rangs Lib-Dem en 2016 afin de marquer son opposition à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, comme nombre d'autres militants. Le parti a donc du mal à se distancer de cette question.

- Logement, jeunesse et travail -

"Je n'étais pas Lib-Dem avant, j'ai adhéré parce que c'était le seul parti qui allait soutenir le maintien" dans l'UE, a expliqué à l'AFP Jane Riekmann, 62 ans, un béret aux couleurs européennes vissé sur la tête tandis que nombre d'autres participants à la conférence annuelle du parti qui arboraient des badges "Stop Brexit". "Je pense que c'est devenu la raison d'être du parti maintenant".

Durant le congrès de Bournemouth, station balnéaire qui s'est prononcée en faveur de la sortie de l'UE en juin 2016, les Libéraux-démocrates ont voté en faveur d'un référendum pour se prononcer sur les termes du divorce d'avec le bloc européen, censé intervenir fin mars 2019.

"Il y a eu un débat intense pour savoir si un deuxième référendum était la meilleure chose à faire", a expliqué Clive Dellard, pointant le risque de s'aliéner des électeurs dans les circonscriptions favorables au "Leave" ("Sortir"). "Nous devons d'une manière ou d'une autre trouver un équilibre", a-t-il estimé.

Chris Bailey, trésorier de la section locale du Lib-Dem à Southend-on-Sea, dans le sud-est de l'Angleterre, a illustré le dilemme: alors que son parti est "à la traîne" dans les sondages, les adhésions ont grimpé de 97 à 247 dans sa ville, uniquement du fait de la question européenne, selon lui.

Dans son discours mardi, Vince Cable, a promis de "mener la bataille contre le Brexit", tout en prévenant: "nous ne devons pas nous laisser consumer par le Brexit à l'exclusion de tout le reste".

Pour le commentateur politique Anand Menon, qui est intervenu lors d'une conférence sur le Brexit, le parti doit décider s'il veut tenter de gagner de nouveaux électeurs ou plutôt satisfaire le noyau des militants opposés à une sortie de l'UE.

"La ligne qu'ils sont en train de prendre n'est pas la plus évidente pour persuader les indécis", a-t-il dit à l'AFP. De quoi compromettre l'avenir à long terme du Lib-Dem, selon lui. "Si votre raison d'être est d'arrêter le Brexit, et si le Brexit se produit, qu'est-ce qu'il vous reste?"

Comme lui, Dipa Vaya, 25 ans, membre depuis 2013, pense que mieux vaut se concentrer sur d'autre sujets. "Il faut nous focaliser davantage sur l'inégalité, et des choses comme le logement, la jeunesse, l'épanouissement dans le travail, là où nous avons beaucoup de choses à dire", a-t-elle dit à l'AFP.

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