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19/09/2017 05:51 EDT | Actualisé 19/09/2017 06:00 EDT

Après la France et l'Europe, Macron à l'assaut de l'ONU

Il charme Donald Trump, monte au front sur tous les grands dossiers et bavarde avec les passants: Emmanuel Macron est parti cette semaine à la conquête de l'ONU, qu'il rêve, comme la France et l'Europe, de "réinventer".

Arrivé lundi à New York pour sa première Assemblée générale de l'ONU, le président français est resté fidèle ses habitudes. Remontant d'un bon pas la Seconde Avenue, entouré de ses gardes du corps un peu nerveux, il en a profité pour serrer la main des passant ravis qui le photographiaient, comme il aime à le faire dans tous ses déplacements.

Il veut appliquer aux Nations Unies la même méthode qu'en France et dans l'Union européenne: séduire et convaincre, pour réformer. Et faire porter la voix de la France en se plaçant au centre des discussions sur les sujets cruciaux comme le climat, la Syrie, l'accord sur le nucléaire iranien et la sécurité en Afrique.

La clé, pour lui, réside dans la relation privilégiée qu'il a su nouer avec Donald Trump, pourtant aux antipodes de ses convictions sur la plupart des dossiers.

Il est rare que de francs éclats de rire ponctuent les rencontres souvent très formelles des dirigeants mondiaux, mais son entrevue lundi avec Donald Trump n'aurait guère pu être plus chaleureuse. Le président américain veut même organiser à Washington un défilé militaire le 4 juillet inspiré de celui du 14 juillet!

Donald Trump l'admire - "il est fort, il est intelligent, c'est un honneur d'être avec Emmanuel", a-t-il dit lundi - et semble enclin à l'écouter. Grâce à cette bonne entente, Emmanuel Macron espère l'influencer.

Premier défi, le convaincre de réintégrer l'Accord de Paris contre le réchauffement climatique. Le président français y croit toujours obstinément et lui a parlé cash: "L'accord est irréversible, Les Etats-Unis ne peuvent pas simplement s'en retirer", lui a-t-il dit. Selon des conseillers du président français, rapportant l'entrevue, Donald Trump a paru hésiter, a demandé un nouveau briefing et semblé pouvoir négocier de revenir en échange d'une baisse des contributions financières américaines.

- 'Ambition universelle' -

"Il y a une méthode, et des percées", selon l'Elysée. "Le président ne lâche rien sur les sujets, conversation après conversation". Et même les sujets qui fâchent "on les met sur la table". "Que les Etats-Unis soient sortis de l'Accord de Paris, c'est très grave mais nous continuons à travailler avec eux", souligne un conseiller.

Autre dossier où Emmanuel Macron semble être en mesure d'influencer Donald Trump, l'avenir de l'accord nucléaire conclu en 2015 entre les grandes puissances et l'Iran. Donald Trump menace de "déchirer" cet accord par lequel Téhéran s'est engagé à ne pas produire de bombe atomique en échange d'une levée progressive de sanctions pesant sur Téhéran.

Le remettre en cause serait "ouvrir la boîte de Pandore", a plaidé Emmanuel Macron, pour qui cela risque de pousser l'Iran, puis ses voisins, à se doter de l'arme atomique. Devant lui, Donald Trump a énuméré les options à voix haute, comme si tout était encore possible. Mais avec le président américain, Paris ne s'avance jamais à jauger le résultat des discussions.

Juste après Donald Trump, Emmanuel Macron a rencontré le président iranien Rohani, au milieu d'un agenda diplomatique surchargé jusqu'à son départ mercredi soir.

Ce mardi, Emmanuel Macron veut imposer sa marque: lors de son premier discours devant les dirigeants mondiaux dans le cadre de l'ONU, il pourrait leur proposer une nouvelle méthode d'action au plan mondial.

"Il veut défendre le multilatéralisme comme ambition universelle et le renouveler, le réinventer pour qu'il soit adapté aux enjeux du XXIe siècle", a indiqué l'Elysée sans autre détail.

Dans son avion, le président français a une nouvelle fois réécrit une bonne partie de son discours, qu'il modifie souvent jusqu'à la toute dernière minute.

Lundi soir, il a dîné avec le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, avec qui il était "totalement aligné", selon l'Eysée.

Prochaine étape pour Emmanuel Macron, relancer la machine Europe: la semaine prochaine, il présentera à ses partenaires européens une ambitieuse feuille de route sur dix ans pour "refonder" l'Union européenne en proposant "une Europe à plusieurs formats", avec un ministre et un Parlement de la zone euro.

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