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17/09/2017 00:45 EDT | Actualisé 17/09/2017 01:00 EDT

Philippines: Duterte compare un de ses détracteurs à un pédophile

Le président philippin Rodrigo Duterte a comparé le président de la Commission des droits de l'Homme à un pédophile parce qu'il s'était ému du sort d'adolescents tués par la police dans la très controversée "guerre contre la drogue".

M. Duterte a affirmé dans un discours samedi soir que la mort d'enfants n'avait rien d'exceptionnel, et accusé ses détracteurs d'instrumentaliser à des fins politiques les décès d'adolescents.

"Ce Gascon, ça fait combien de jours qu'il dit +adolescent, adolescen+? Il est comme un pédophile, ce fils de pute", a déclaré le chef de l'Etat au sujet du président de la Commission des droits de l'Homme Jose Luis Gascon.

"Pourquoi tu t'intéresses autant aux adolescents? Je demande: Es-tu homosexuel ou pédophile?", a-t-il ajouté.

Rodrigo Duterte a été élu dans un fauteuil en 2016 en promettant d'éradiquer le trafic de drogue en faisant abattre des dizaines de milliers de délinquants.

La police a annoncé avoir tué 3.800 toxicomanes ou trafiquants présumés. Des milliers d'autres personnes ont été tuées dans des circonstances inexpliquées.

Les décès récents de deux adolescents ont contribué à alimenter les critiques, notamment au sein de l'Eglise, sur la violence de la politique du gouvernement contre les stupéfiants.

"Un adolescent, un adolescent, fils de pute, c'est que de la politique. Pourquoi ne t'intéresses-tu pas aux autres sujets auxquels ce pays est confronté", a encore dit le président en référence à l'insurrection jihadiste dans le sud du pays.

"Simplement parce qu'un enfant est mort? Ça arrive partout."

Les policiers impliqués dans la mort des adolescents avaient initialement dit qu'ils avaient ouvert le feu en situation de légitime défense.

Cependant, le Bureau national d'investigation a affirmé que les policiers avaient tué un des deux garçons avant de placer une arme à proximité de lui. L'enquête est toujours en cours sur le décès du deuxième.

Les parlementaires examinent en ce moment une possible réduction drastique du budget de la Commission des droits de l'Homme.

Cette commission est l'un des organes indépendants prévus par la Constitution pour surveiller le travail de l'exécutif, qui a lui la mainmise sur la police et les forces armées.

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