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17/09/2017 07:49 EDT | Actualisé 17/09/2017 08:00 EDT

Fusillades dans deux favelas de Rio: au moins 5 morts

D'intenses fusillades ont éclaté dimanche matin dans la favela de Rocinha, la plus grande de Rio de Janeiro, au lendemain d'affrontements qui ont au moins cinq morts dans les quartiers nord de la ville.

"Affrontements entre trafiquants de la Rocinha. Évitez la région", a indiqué la police militaire de Rio sur Twitter.

Les autorités n'ont pas fourni d'information au sujet d'éventuelles nouvelles victimes, mais le site G1 faisait état d'un mort, un homme de 25 ans.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes de cette favela qui regroupe environ 70.000 habitants ont publié des vidéos dans lesquelles il est possible d'entendre des échanges de tirs nourris et de voir des hommes en armes courant dans les ruelles.

Plusieurs hélicoptères survolaient la région et deux accès à la station de métro de Sao Conrado - quartier aisé du sud de Rio situé en contrebas de la favela - ont été fermés.

Une source policière a indiqué à l'AFP que les autorités soupçonnaient des divisions internes au sein de la faction criminelle qui contrôle le trafiquant de drogue à Rocinha.

Selon les médias locaux, des membres de cette faction seraient aussi liés aux affrontements qui ont fait au moins cinq morts dans la nuit de vendredi à samedi au Morro do Juramento, favela située au nord de Rio.

Les pompiers ont confirmé à l'AFP avoir trouvé cinq corps dans cette zone et la presse locale fait état de sept décès au total.

Rio a enregistré au premier semestre son plus haut niveau de violences depuis 2009, avec 3.457 homicides, soit 15% de plus que sur la même période en 2016, selon des données de l'Institut de sécurité publique (ISP).

Le sentiment d'insécurité est aggravée par la situation catastrophique des finances de l'État de Rio: au bord de la faillite, il paie avec des mois de retard ses fonctionnaires, y compris les policiers.

Face à cette flambée de la violence, le gouvernement a fait appel à l'armée, déployant fin juillet près de 10.000 hommes qui ont déjà participé à deux vastes opérations contre les bandes armées dans des favelas, où s'entassent près d'un quart de la population, souvent dans des conditions d'extrême dénuement.

Mais cette stratégie semble remise en cause: selon le journal O Globo, les militaires n'ont pas participé aux deux dernières opérations menées par les autorités locales par faute de moyens et l'armée pourrait quitter la ville prochainement.

lg/lpt