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16/09/2017 04:38 EDT | Actualisé 16/09/2017 05:00 EDT

Pologne: le syndicat Solidarité contre "l'ingérence" de Bruxelles dans le système de retraites

Plus d'un millier de représentants du syndicat polonais Solidarité ont manifesté samedi devant le siège de la Commission européenne à Varsovie pour dénoncer son "ingérence" dans le système des retraites en Pologne rétablissant l'âge de départ différent pour les femmes et les hommes, a constaté un journaliste de l'AFP.

La récente réforme de ce système, approuvée par la majorité conservatrice nationaliste au pouvoir, a rabaissé l'âge de la retraite à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes, alors que le gouvernement centriste précédent l'avait fait reculer à 67 ans pour les deux sexes.

Dans le cadre de sa critique d'une autre réforme controversée de la justice en Pologne, la Commission européenne a estimé notamment qu'elle contenait des "éléments discriminatoires" relatifs à l'âge de départ différent pour les femmes et les hommes.

"Le syndicat Solidarité considère inadmissible de reprocher à la Pologne une discrimination suite au rétablissement de la différence du moment de passage à la retraite entre les hommes et les femmes. L'ingérence dans les décisions démocratiques en Pologne est légalement infondée", selon une lettre adressée à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, lue devant les manifestants.

Piotr Duda, le chef de Solidarité, a souligné que les dispositions prises par les conservateurs sont "conformes à la Constitution, les Traités et les décisions démocratiques des Polonaises et des Polonais".

Selon lui, "il ne s'agit pas de discrimination mais au contraire d'un privilège dont bénéficient les femmes en Pologne".

Le retour à l'âge de la retraite, une mesure jugée périlleuse par l'opposition pour les finances publiques, le marché du travail et le montant des futures pensions de retraite, faisait partie des promesses électorales du parti Droit et Justice (PiS) arrivé au pouvoir en octobre 2015.

La réforme, qui entrera en vigueur en octobre prochain, prévoit que les personnes qui souhaitent poursuivre leur travail après avoir atteint l'âge limite pourront le faire en augmentant ainsi leur pension.

Le différend entre Varsovie et Bruxelles sur ce sujet s'inscrit dans une série de divergences ayant poussé la Commission à parler de "menace systémique" pesant sur l'Etat de droit dans le pays.

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