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16/09/2017 05:24 EDT | Actualisé 16/09/2017 05:40 EDT

Islande: le PM à la tête d'un gouvernement intérimaire jusqu'aux élections

Le Président islandais a accepté samedi la démission officielle du gouvernement de centre-droit mais demandé au Premier ministre de rester à son poste jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement.

Le Premier ministre Bjarni Benediktsson avait appelé vendredi à la tenue de nouvelles élections après le retrait d'un parti de la coalition de centre-droit qui avait entraîner la chute de son gouvernement formé il y a neuf mois au prix de laborieuses négociations, déclenchant une énième crise politique.

Le scrutin, une fois la dissolution officiellement annoncée, devrait se tenir avant la fin de l'année, vraisemblablement en novembre, un peu plus d'un an après les dernières législatives provoquées par le scandale des Panama Papers.

"J'ai accepté la démission du Premier ministre à qui j'ai accordé ma confiance, ainsi qu'à son gouvernement, pour rester en place jusqu'à la constitution d'un nouveau gouvernement", a déclaré le chef de l'État Gudni Johannesson dans un communiqué publié après sa rencontre avec M. Benediktsson.

Le Président a qualifié la situation "d'inhabituelle et même unique" pour cette île de l'Atlantique nord.

Avec 32 sièges sur les 63 que compte l'Althingi, le Parlement monocaméral islandais, la coalition gouvernementale avait tout juste la majorité absolue.

Avenir radieux, une formation centriste pro-européenne qui apporte ses voix au gouvernement, avait annoncé tôt vendredi le retrait du soutien de ses quatre députés, faisant de facto tomber le cabinet Benediktsson.

Le parti accuse le dirigeant conservateur d'avoir couvert son père dans un sordide imbroglio judiciaire.

Au coeur du scandale, une disposition légale mais très controversée du code pénal islandais permettant aux détenus ayant purgé leur peine de demander que toute mention à leur casier judiciaire soit escamotée moyennant la caution écrite de trois personnes jugées de bonne moralité.

En vertu de cette loi, un pédophile condamné en 2004 à cinq ans et demi de réclusion pour avoir violé sa fille adoptive de façon quasi quotidienne pendant 12 ans a obtenu une lettre de recommandation du père du Premier ministre, Benedikt Sveinsson, un octogénaire de ses amis selon la presse locale, considéré comme l'un des entrepreneurs les plus riches d'Islande.

Outre que cette pratique est désormais rejetée par une majorité des Islandais, il est reproché à M. Benediktsson d'en avoir été informé dès juillet mais d'avoir maintenu ses partenaires de la coalition dans l'ignorance jusqu'à ce qu'une commission parlementaire lui torde le bras.

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