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16/09/2017 00:22 EDT | Actualisé 16/09/2017 00:40 EDT

Irma: après la dévastation, Saint-Martin craint les épidémies

Eaux stagnantes et déchets qui s'amoncellent dans les rues, et toujours pas d'eau courante: dévastée par l'ouragan Irma, l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin redoute désormais les épidémies, d'autant que les consignes d'hygiène sont difficiles à diffuser, électricité et télecommunications étant partiellement rétablies.

Plus d'une semaine après le cyclone de catégorie 5 qui a frappé Saint-Martin, tuant onze personnes, et l'autre île française de Saint-Barthélemy, l'heure est aux précautions sanitaires, au sein d'une population encore affaiblie et choquée.

"Oui, il y a des risques d'épidémies", a reconnu la ministre française des Outre-mer Annick Girardin, qui a passé près d'une semaine sur place après l'ouragan. "Il y a une problématique existante sur la question de l'eau contaminée, la question des déchets, la question de l'hygiène tout simplement", a-t-elle souligné.

A Saint-Martin, l'eau courante était toujours indisponible en fin de semaine, certains habitants se servant directement dans les réservoirs.

Une usine de désalinisation destinée à l'île dévastée, est arrivée vendredi à Pointe-à-Pitre, à quelque 300 km de là. Après être acheminée par barge, elle devrait commencer à fonctionner avant le 25 septembre, selon la préfecture.

En revanche, la production d'eau a pu reprendre à Saint-Barth, pour un volume d'environ 800m3 par jour.

L'urgence est aussi de nettoyer l'île, où la population s'inquiète des déchets qui s'amoncellent et attirent les rats, faute de ramassages des ordures.

Dans les quartiers plus populaires, où les enfants n'ont pas pu être évacués par leur famille, faute de moyens, la population craint aussi une prolifération de moustiques - vecteurs de la dengue, du chikungunya ou du zika-, là où les eaux stagnent encore après les inondations, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Mon fils a de la fièvre peut-être due à un moustique", raconte Natacha, habitante de Sandy Ground. "Il va falloir nettoyer pour éviter qu'il y ait trop de moustiques, sinon il y aura des épidémies. Mais sans eau, c'est compliqué".

Dans certains quartiers, comme celui de Concordia, des opérations de démoustication ont commencé mercredi, a constaté une journaliste de l'AFP.

- Consignes en créole -

Pour repérer tout début d'épidémie, des médecins épidémiologistes ont réalisé "une fiche qui sera remplie régulièrement avec les patients", a indiqué Patrice Richard, directeur de l'Agence régionale de Santé de Guadeloupe.

"On n'en est pas encore à un signal épidémique, loin de là", a estimé la ministre française de la Santé Agnès Buzyn. "Aujourd'hui, c'est plutôt un risque individuel, c'est-à-dire qu'il faut impérativement que les personnes qui habitent Saint-Martin boivent de l'eau potable qui est distribuée en grande quantité", a-t-elle insisté. Elle avait évoqué mercredi, lors de son déplacement sur place avec le chef de l'Etat, quelques cas d'enfants souffrant de diarrhées.

Selon le gouvernement, 150.000 bouteilles d'eau sont actuellement distribuées chaque jour aux habitants.

"On distribue de l'eau potable sur tout le territoire, mais c'est toujours un peu compliqué, il y a des zones encore qui ne sont pas faciles d'accès, il y a des gens peut-être qu'on n'a pas encore réussi à contacter", a-t-expliqué Mme Girardin.

Pour elle, "la problématique aujourd'hui, c'est l'information", sur un territoire où l'électricité n'est pas partout rétablie et où les télécommunications (réseaux téléphoniques, internet...) sont encore défaillantes par endroit, après le passage de l'ouragan.

Le gouvernement français a fait distribuer des consignes en français, espagnol, anglais et créole. Des affiches rappellent par exemple que "seule l'eau en bouteille est propre à la consommation. Si vous n'en disposez pas, faites la bien bouillir avant utilisation ou consommation à des fins alimentaires ou corporelles".

Malgré un bâtiment en partie détruit, l'hôpital de Saint-Martin est opérationnel et peut "hospitaliser les gens dans de très très bonnes conditions", a assuré Mme Buzyn.

Après s'être rendu sur les deux îles, le délégué interministériel pour la reconstruction Philippe Gustin a revu à la baisse vendredi l'ampleur des destruction à Saint-Martin, estimant que seuls 30% des bâtiments y étaient "totalement détruits".

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