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16/09/2017 11:01 EDT | Actualisé 16/09/2017 11:20 EDT

Casques bleus en Ukraine: la proposition russe doit être modifiée (émissaire américain)

La proposition russe d'une opération de maintien de la paix en Ukraine est "un pas en avant" pour sortir de l'impasse les accords de Minsk, mais doit être modifiée sous peine d'"approfondir la division" du pays, a estimé samedi l'envoyé spécial des Etats-Unis.

"Discuter de ce sujet et le soumettre au Conseil de sécurité (de l'ONU) est en quelque sorte un pas en avant", a salué samedi à Kiev l'envoyé spécial des Etats-Unis en Ukraine, Kurt Volker, en marge de la conférence Yalta European Strategy (YES).

Mais "les conditions du mandat proposées par la Russie ne parviendraient, je crains, qu'à approfondir la division de l'Ukraine" et soulèvent "beaucoup d'obstacles, beaucoup de problèmes", a-t-il prévenu.

Alors que Moscou s'opposait jusqu'alors à la demande de longue date de Kiev d'envoyer des Casques bleus dans l'Est ukrainien, le président russe Vladimir Poutine s'est dit mardi pour la première fois favorable au déploiement d'une force de maintien de la paix dans cette zone.

Il a toutefois estimé que le mandat de cette mission devrait être limité à la protection des observateurs de l'OSCE et à la ligne de démarcation entre les zones contrôlées par Kiev et celle tenue par les séparatistes prorusses, ce que Kiev a jugé inacceptable.

Pour M. Volker, cette mission doit être déployée "dans l'ensemble" de la zone sous contrôle rebelle pour assurer la sécurité de la population et non seulement des observateurs.

L'émissaire américain estime qu'elle doit notamment être déployée à la frontière entre la Russie et l'Ukraine, par laquelle des armes et des combattants venant de Russie continuent d'entrer en territoire ukrainien selon Kiev et les Occidentaux.

"J'espère qu'à travers ce dialogue, nous discuterons de l'idée d'une véritable force de maintien de la paix qui se concentrerait sur la sécurité dans tout le territoire, qui contrôlerait le côté ukrainien de la frontière entre la Russie et l'Ukraine, qui aiderait le retrait et la surveillance des armes lourdes", a déclaré M. Volker.

"Si nous y parvenons, je pense que toutes les autres conditions seront réunies pour que le processus politique aille de l'avant", a-t-il espéré.

L'Ukraine insiste également sur le déployement de cette force sur l'ensemble du territoire rebelle et à la frontière avec la Russie, et exige qu'aucun soldat russe n'y prenne part.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes dans ce conflit qui a fait plus de 10.000 morts depuis avril 2014. Moscou rejette ces accusations. Des heurts se produisent régulièrement malgré la signature d'accords de paix à Minsk en 2014, puis en 2015, et de régulières annonces de trêves que les deux parties s'accusent mutuellement de violer.

ant/all/lpt