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16/09/2017 10:33 EDT | Actualisé 16/09/2017 10:40 EDT

A Bagdad, un "festival de la paix" pour changer le regard sur l'Irak

Dans un parc au bord du Tigre, au pied d'une scène où jouent des musiciens, des centaines d'Irakiens déambulent entre les stands du festival "Bagdad, ville de la paix", dans une ville chaque jour endeuillée par de nouvelles violences.

Pour sa septième édition, ce rendez-vous entend une nouvelle fois "changer l'image négative de Bagdad", plus souvent citée pour les exactions que les jihadistes y commettent depuis des années ou les affrontements confessionnels qui l'ont divisée et ensanglantée, affirme à l'AFP l'un des bénévoles au sein de l'organisation, Karrar Haidar.

Pour cela, le festival "utilise l'énergie créative des jeunes", explique cet Irakien de 23 ans. Autour de lui, au milieu d'expositions de calligraphies et de peintures, un petit marché d'artisanat a été installé.

Leurs accès sont strictement encadrés par les forces de sécurité qui filtrent la foule de femmes et d'hommes de tous âges, aux habits apprêtés ou au look décontracté savamment travaillé.

Malgré les barbelés installés aux entrées, à l'intérieur du parc, Abdelqader Saadoun, professeur d'anglais de 25 ans, se dit "ravi" d'être venu.

"Vu ce qu'on vit, les guerres, la violence, on a besoin de ces espaces et de ces moments pour se détendre", affirme le jeune homme, lunettes rondes sur le nez et gilet de costume beige sur une chemise blanche.

A Bagdad, où vivent près de huit millions d'habitants, la plupart des lieux de culture ont fermé au fil des ans, d'abord sous le régime de Saddam Hussein, puis avec l'invasion américaine de 2003 qui a renversé le dictateur, et ensuite avec les violences confessionnelles et les attaques jihadistes qui ont suivi.

Les jeunes, qui constituent plus de 60% de la population irakienne, se plaignent régulièrement de ne pas trouver de lieu d'expression ou de divertissement dans une ville quadrillée par les barrages des forces de sécurité. Les rues sont hérissées de blocs de béton pour protéger les bâtiments ou éviter de nouvelles attaques contre des restaurants ou des centres commerciaux.

Le festival de la paix "est un endroit où les jeunes peuvent se retrouver et rencontrer des gens hors de leur cercle d'amis", témoigne Mona Jaffal, étudiante de 23 ans.

Ali Karim, 28 ans, est, lui, venu pour envoyer un message "au monde", affirme-t-il à l'AFP: dire que "malgré Daech et les guerres, le peuple irakien aime la vie, il aime la paix".

sbh/cmk