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14/09/2017 23:59 EDT | Actualisé 15/09/2017 00:20 EDT

Washington "cherche des excuses" pour déchirer l'accord nucléaire (Iran)

Les Etats-Unis "cherchent des excuses" pour déchirer l'accord nucléaire avec l'Iran en demandant des inspections de sites militaires, a indiqué vendredi un des hauts responsables de la sécurité dans la République islamique.

"L'Iran ne mène aucune activité nucléaire non déclarée, nulle part dans le pays", a déclaré le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Shamkhani, à la télévision d'Etat.

Washington aurait réclamé des inspections de sites militaires iraniens dans le cadre de la vérification de l'accord nucléaire de 2015 entre les grandes puissances et l'Iran.

L'accord prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions contre l'Iran en échange de garanties que ce pays ne se dotera pas de l'arme atomique.

"C'est simplement du battage médiatique de la part des Américains dans le but de ne pas avoir à remplir leurs obligations", a ajouté M. Shamkhani.

L'ONU a indiqué qu'il n'y avait aucune obligation de mener des inspections de sites militaires à moins qu'il n'y ait des soupçons d'activités illicites. Or, il n'y a pour l'heure aucune preuve que du matériel nucléaire a été transféré vers des sites militaires, selon les Nations unies, qui ont affirmé avoir multiplié par deux le nombre de leurs inspections depuis l'entrée en vigueur de l'accord début 2016.

M. Shamkhani a accusé l'administration de Donald Trump de "chercher des excuses" et d'avoir une "attitude peu constructive" dans le but de "porter atteinte à cet accord international".

Jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a indiqué que l'idée de renégocier l'accord était de l'ordre de la "pure fantaisie".

L'accord "n'est pas (re)négociable", a-t-il tweeté. "Il est temps pour les Etats-Unis d'arrêter les manipulations et de commencer à respecter (l'accord), comme le fait l'Iran".

M. Zarif doit rencontrer le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et les ministres des Affaires étrangères des autres puissances signataires de l'accord nucléaire (France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) mercredi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Les Etats-Unis ont décidé jeudi de maintenir l'allègement des sanctions lié à l'accord mais l'administration Trump a présenté ce geste comme "temporaire" et fait savoir qu'elle poursuivait sa réflexion sur sa politique vis-à-vis de Téhéran.

Donald Trump s'est déclaré hostile à l'accord nucléaire mais ne l'a pour l'heure pas remis en cause, comme le souhaiteraient les tenants d'un ligne dure contre l'Iran à Washington. Avant son élection, M. Trump avait promis de "déchirer" cet accord.

Parallèlement, le Trésor américain a pris des mesures ciblées contre près d'une douzaine d'individus et d'entités qui soutiennent les Gardiens de la Révolution, l'armée d'élite iranienne, ou qui ont mené des cyber-attaques contre le système financier américain.

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