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15/09/2017 10:01 EDT | Actualisé 15/09/2017 10:20 EDT

Turquie: le journaliste français Loup Bureau sorti de prison, attendu samedi en France

Le journaliste français Loup Bureau est sorti de prison et devait être expulsé samedi vers la France après plus de cinquante jours d'emprisonnement en Turquie, où il était accusé d'appartenance à "une organisation terroriste armée".

Cette libération, annoncée vendredi dans la foulée d'une visite du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à Ankara, constitue "un grand soulagement", a salué le président Emmanuel Macron sur Twitter.

"Le juge a achevé de recueillir les preuves dans ce dossier et il a ordonné sa libération et son expulsion", a précisé son avocat turc Mesut Gerez à l'AFP.

Loup Bureau, incarcéré à Sirnak (sud-est), "a été remis à la police pour être conduit vers un centre d'expulsion. Il sera expulsé vers la France ce soir ou demain", a poursuivi cet avocat. Selon le comité de soutien du journaliste français, il devrait arriver samedi à Paris.

"Je l'ai senti surpris, soulagé, mais en même temps prudent", a témoigné son père Loïc Bureau à son domicile d'Orvault (ouest), peu après avoir parlé pendant une trentaine de minutes avec son fils au téléphone.

Loup Bureau doit "a priori" rentrer samedi soir à Paris selon son père, "très très heureux", qui ira l'accueillir avec sa femme.

Jeudi, lors d'une visite à Ankara, Jean-Yves Le Drian avait plaidé pour le retour en France du jeune journaliste de 27 ans, après qu'Emmanuel Macron eut demandé fin août sa "libération rapide" à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Rentré de Turquie vendredi, M. Le Drian a fait part dans un communiqué de sa "réelle émotion" et de son "grand soulagement".

Loup Bureau, étudiant en journalisme à Bruxelles, avait été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara) eurent été trouvées en sa possession.

Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage réalisé en 2013 sur les conditions de vie des populations syriennes.

Il est soupçonné par la justice turque d'être un "membre" des YPG, selon son acte d'accusation relayé jeudi par son avocat.

- 'Soulagement immense' -

"Dans l'immédiat, cette libération est un soulagement immense pour la famille et les amis de Loup Bureau", a écrit son avocat sur Twitter. "Le tribunal de Sirnak n'a cependant pas clos le dossier, et il faudra poursuivre le combat".

La justice turque avait rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle. Habitué des terrains de guerre, Loup Bureau a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate.

"On a encore du mal à s'en persuader, mais on est super contents", a témoigné un de ses amis d'enfance nantais et membre de son comité de soutien, Aurélien Pressensé, 27 ans, auprès de l'AFP.

"C'est Erdogan lui-même qui avait la clé de sa cellule", a déclaré à l'AFP Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). "C'est une tentative d'intimidation à l'égard des journalistes qui veulent enquêter dans le sud du pays et sur les mouvements kurdes", a-t-il dénoncé.

Au mois de mai, le jeune photojournaliste français Mathias Depardon avait été arrêté pendant un reportage dans le sud-est et expulsé un mois plus tard.

Quelque 170 journalistes restent détenus en Turquie, selon le site P24, spécialisé dans la liberté de la presse. La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.

Le représentant pour la liberté des médias de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Harlem Désir, a appelé vendredi sur Twitter la Turquie à libérer quatre autres journalistes: Deniz Yücel, Mesale Tolu, Kadri Gürsel et Ahmet Sik.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait également exhorté mercredi la Turquie à libérer les journalistes emprisonnés dans le pays.

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