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15/09/2017 07:41 EDT | Actualisé 15/09/2017 08:00 EDT

Turquie: le journaliste français Loup Bureau libéré

Le journaliste français Loup Bureau a été remis en liberté après plus de cinquante jours d'emprisonnement en Turquie, où il était accusé d'appartenance à "une organisation terroriste armée".

Cette libération, annoncée vendredi dans la foulée d'une visite du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à Ankara, constitue "un grand soulagement", a salué le président Emmanuel Macron.

"Je me réjouis de la remise en liberté de Loup Bureau. C'est un grand soulagement pour nous tous", a réagi le chef de l'Etat sur Twitter.

"J'ai appris à mon retour de Turquie, avec une réelle émotion et un grand soulagement, que notre compatriote, M. Loup Bureau, avait été remis en liberté cet après-midi", a commenté M. Le Drian dans un communiqué.

Lors d'une visite à Ankara jeudi, le ministre avait plaidé pour le retour en France du reporter, après qu'Emmanuel Macron eut demandé sa "libération rapide" fin août à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Le journaliste, qui était incarcéré à Sirnak, dans le sud-est de la Turquie, devait être rapidement expulsé de Turquie vers la France, selon son avocat Martin Pradel. Le comité de soutien du journaliste français a affirmé qu'il devrait arriver à Paris samedi.

"Dans l'immédiat, cette libération est un soulagement immense pour la famille et les amis de Loup Bureau", a écrit son avocat sur Twitter. "Le tribunal de Sirnak n'a cependant pas clos le dossier, et il faudra poursuivre le combat".

Loup Bureau, étudiant en journalisme à Bruxelles, avait été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara) eurent été trouvées en sa possession.

Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage réalisé en 2013 sur les conditions de vie des populations syriennes.

Il est soupçonné par la justice turque d'être un "membre" des YPG, selon son acte d'accusation relayé jeudi par son avocat.

- 'Tentative d'intimidation' de la presse -

La justice turque avait rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle du journaliste de 27 ans. Habitué des terrains de guerre, il a notamment collaboré avec les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate.

"On a encore du mal à s'en persuader, mais on est super contents", a témoigné un de ses amis d'enfance nantais et membre de son comité de soutien, Aurélien Pressensé, 27 ans, auprès de l'AFP.

"On partait dans nos têtes pour 7 mois de mobilisation pour obtenir sa libération. On ne s'attendait pas à l'avoir à Noël par exemple", a-t-il ajouté.

"C'est Erdogan lui-même qui avait la clé de sa cellule", a déclaré à l'AFP Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). "C'est une tentative d'intimidation à l'égard des journalistes qui veulent enquêter dans le sud du pays et sur les mouvements kurdes", a-t-il dénoncé.

Au mois de mai, le jeune photojournaliste français Mathias Depardon avait été arrêté pendant un reportage dans le sud-est et expulsé un mois plus tard.

Quelque 170 journalistes restent détenus en Turquie, selon le site P24, spécialisé dans la liberté de la presse, dont le journaliste germano-turc Deniz Yücel, écroué depuis février. La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait également exhorté mercredi la Turquie à libérer les journalistes emprisonnés dans le pays.

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