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15/09/2017 07:32 EDT | Actualisé 15/09/2017 07:40 EDT

Poing levé, Prophets of Rage monte le son de la résistance anti-Trump

"La résistance ne cesse de grandir et elle a besoin d'une bande-son", clame Tom Morello, guitariste du groupe américain Prophets of Rage, formé l'an passé en réaction à la montée au pouvoir de Donald Trump, et qui sort vendredi un premier album enragé et engagé.

Prophets of Rage est un super-groupe, en ceci qu'il réunit des membres d'autres collectifs à la notoriété très grande. Morello, comme le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk, proviennent de Rage Against the Machine. Le rappeur Chuck D et le disc-jockey Dj Lord sont issus de Public Enemy. Le rappeur B-Real fait partie de Cypress Hill. A eux six, ils composent un assemblage détonant, entre rap et métal.

Leur nom, Prophets of Rage, est emprunté à un titre d'une chanson de Rage Against the Machine, qui a prôné, avec une certaine fureur dans les années 90, un discours contestataire, antiraciste, anticapitaliste, altermondialiste, sous la plume du charismatique Zach de la Rocha.

Ce dernier, occupé à un projet solo, est absent pour cette nouvelle aventure. "Mais les combats livrés il y a plus de vingt ans restent plus que jamais les mêmes aujourd'hui. Ils sont la raison d'être de Prophets of Rage", affirme Tom Morello, joint au téléphone par l'AFP.

- 'Une blague devenue réalité' -

"On a créé ce groupe à un moment où la candidature de Trump prenait de l'ampleur. A présent, on vit sous un régime qui nous met en grande difficulté. Mais il y a une résistance qui grandit chez nous, en Europe et en Amérique du Sud, pour faire face à cette politique raciste", accuse-t-il.

L'ironie du sort veut qu'en 1999, Rage Against the Machine avait anticipé l'élection de Donald Trump dans le clip de "Sleep Now in the Fire". On y voit un manifestant brandir une pancarte "Trump for President" devant Wall Street. "C'est une blague qui est devenue réalité, mais elle reste en soi une blague", dit, amer, Morello.

Avant de sortir ce premier album sans concession, où il est également question des immigrés clandestins ("Legalize Me") et de la menace des drones ("Take Me Higher"), le groupe a lancé son offensive par la scène, poing droit levé à chaque fin de concerts, avec affiché en grand "Make America Rage Again". Un détournement du slogan du candidat Trump pendant la présidentielle ("Make America Great Again").

- Avec Michael Moore -

De festivals en festivals, les Prophets of Rage ont soulevé les foules avec leurs shows électriques. Cet été, ils ont imposé le respect auprès des fans de métal du grand festival français Hellfest. "Certainement un des meilleurs publics pour lequel on a joué", salue Morello, attendu avec sa bande le 10 novembre au Zénith de Paris avant d'aller à Londres.

Un premier single "Unfuck the World" avait annoncé, en juin, la couleur de leur manifeste anti-Trump, avec un clip réalisé par Michael Moore ("Fahreinheit 9/11"), dont la succession d'images d'archives et d'animation se moque du président des États-Unis.

"Le monde ne va pas changer tout seul, cela ne dépend que de vous. Voilà notre message", lance Morello. "Nous sommes dans une situation d'urgence dans l'histoire de l'humanité, qui n'a jamais autant connu d'inégalités économiques, ni autant été sous la menace de catastrophes environnementales". Des propos tenus avant les ouragans Harvey et Irma.

Dans le clip de "Radical Eyes", Prophets of Rage dénonce avec virulence le racisme avec des photos et des vidéos allant de la guerre du Vietnam aux récents évènements de Charlottesville, dans lesquelles des têtes explosent.

"J'espère que cette résistance ne va pas seulement déloger Trump", conclut Morello. "J'espère qu'elle parviendra à rendre l'Amérique plus juste et humaine."

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