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15/09/2017 05:10 EDT | Actualisé 15/09/2017 05:20 EDT

Nigeria: appels au calme dans un contexte de tensions intercommunautaires

Plusieurs gouverneurs du Nigeria ont lancé vendredi des appels au calme après des affrontements entre partisans de l'indépendance du Biafra et forces de sécurité, craignant que ces tensions ne prennent une dimension interethnique.

A Jos, la capitale de l'Etat central du Plateau, le gouverneur Simon Lalong, a déploré des violences "évitables et totalement inutiles" entre communautés haoussa et igbo et imposé un couvre-feu nocturne.

Au moins deux personnes ont été tuées dans deux marchés jeudi, selon des témoignages d'habitants sur place qui ont évoqué des actions de représailles, les igbo étant accusé de vouloir "tuer des haoussa dans le sud-est".

Jos, qui se trouve au croisement du nord principalement musulman et du sud majoritairement chrétien, a été le théâtre de violences meurtrières par le passé.

Les haoussa sont le groupe ethnique dominant dans le nord alors que les igbo sont originaires du sud-est.

En juin, des groupes musulmans radicaux de Kaduna (nord) avaient lancé un ultimatum aux igbo installés dans la région leur demandant de partir, dans un contexte de montée des sentiments séparatistes dans le pays.

Les derniers jours ont été marqués par des heurts violents entre l'armée et les membres du mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra (IPOB) dans la ville pétrolière de Port Harcourt et l'Etat d'Abia, dans le sud-est du pays.

L'IPOB dénonce des actions de répression violente de la part du pouvoir central, assurant que les soldats ont tué plusieurs de ses militants au cours des derniers jours, ce que l'armée dément. Ces affirmations n'ont pu être vérifiées de source indépendante.

Le groupe revendique la création d'une République du Biafra. En 1967, la déclaration unilatérale d'indépendance du Biafra avait entraîné une guerre civile qui avait duré trois ans et fait plus d'un million de morts.

Le chef de file de l'IPOB, Nnamdi Kanu, est poursuivi pour trahison et atteinte à la sécurité de l'Etat. Il est actuellement en liberté provisoire sous caution, en attendant le début de son procès à Abuja, qui devrait avoir lieu le mois prochain.

Ses 18 mois de détention - au cours desquels il n'a pas hésité à haranguer les foules et construire sa base de soutien populaire -, ont attisé les colères et le sentiment d'exclusion des Biafrais.

Le gouverneur de l'Etat d'Abia, Okezie Ikpeazu, a promis que les soldats se retireraient progressivement des rues dans les prochains jours, dans un geste d'apaisement.

Dans l'Etat du Niger (nord-ouest), le gouverneur Abubakar Sani Bello a lui mis en garde les citoyens contre "les discours haineux, l'agitation violente, les rumeurs" et l'esprit de vengeance.

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