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15/09/2017 02:11 EDT | Actualisé 15/09/2017 02:20 EDT

Maintenir le transit du gaz russe via l'Ukraine est une "priorité" pour Bruxelles

Le maintien du transit par l'Ukraine du gaz russe destiné aux pays de l'Union européenne est une "priorité" pour Bruxelles malgré la volonté de Moscou de s'en passer, a assuré vendredi à Kiev le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic.

Traditionnellement, environ la moitié du gaz russe consommé en Europe passe par le territoire ukrainien. Après les conflits gaziers à répétition opposant Kiev et Moscou ces dernières années, la Russie cherche à réduire ce transit, voire s'en passer totalement à l'expiration en 2019 du contrat actuel liant les deux pays.

"Je tiens à souligner que la poursuite de l'important transit du gaz via l'Ukraine pour la période après 2019 constitue l'une des principales priorités de l'Union européenne", a déclaré M. Sefcovic, qui supervise les questions énergétiques, lors d'une conférence dans la capitale ukrainienne.

Pour Kiev, le transit du gaz russe par son réseau constitue une importante source de revenus et les autorités ukrainiennes, soutenues par plusieurs pays d'Europe de l'Est comme la Pologne, tentent de s'opposer aux projets de gazoducs lancés par Moscou pour pour diversifier les voies de livraison.

Si Nord Stream via la Baltique vers l'Allemagne a bien été mis en fonction, les projets South Stream au sud, remplacé par TurkStream, et désormais Nord Stream 2 peinent à se matérialiser, freinés par les tensions géopolitiques.

Le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak, sur la chaîne RBK TV, a récemment estimé que la Russie pourrait conserver une part de transit par l'Ukraine mais estimé que ses nouveaux gazoducs, qu'elle espère finir d'ici à 2019, constituaient une solution plus intéressante.

Il a invoqué d'une part le développement de la production de gaz dans le nord de la Russie, susceptible d'alimenter Nord Stream 2, et d'autre part la vétusté du réseau gazier ukrainien "construit il y a 50-60 ans et nécessitant une modernisation que malheureusement nous ne voyons pas".

Le géant Gazprom justifie ses nouveaux projets par la hausse de la demande de gaz attendue en Europe dans les années à venir, invoquant les records qu'atteignent ces derniers mois les importations de gaz russe par plusieurs pays de l'UE.

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