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15/09/2017 04:28 EDT | Actualisé 15/09/2017 04:40 EDT

Madrid renforce le contrôle des dépenses de la Catalogne (ministre)

Le gouvernement espagnol a décidé vendredi de renforcer le contrôle des dépenses de la Catalogne à la suite du refus de l'exécutif de cette région de lui rendre des comptes pour garantir qu'il n'allouait pas de fonds à l'organisation du référendum d'autodétermination interdit.

"Face à l'illégalité manifeste, nous avons établi (ce) nouveau système de contrôle des dépenses", a déclaré le ministre du Budget Cristobal Montoro à l'issue du Conseil des ministres.

Il a souligné que ce contrôle était destiné à éviter que ne soient financées des "activités illégales", une allusion à l'organisation du référendum du 1er octobre, et à faire en sorte que l'objectif de stabilité budgétaire soit respecté.

Le ministre a expliqué qu'il ne portait pas atteinte aux "compétences" de la Generalitat (exécutif catalan) car il n'intervenait pas sur la manière dont celle-ci décide de répartir ses dépenses au sein de son budget.

Selon lui, cela implique en revanche que l'Etat espagnol versera directement les salaires des fonctionnaires et s'assurera du financement des services publics ou du versement des allocations.

Ce nouveau système permet à l'Etat de "se substituer à la région pour la plupart des dépenses essentielles", a-t-il encore déclaré.

La décision du gouvernement a été prise en réaction à un courrier adressé par le vice-président de la Catalogne Oriol Junqueras au ministère du Budget dans lequel il lui annonçait qu'il ne se soumettrait plus à un contrôle hebdomadaire de la légalité de ses dépenses, tel qu'imposé en juillet à ses services, et reviendrait au système antérieur, ne prévoyant qu'un contrôle mensuel.

Cette mesure donne au gouvernement un moyen de pression direct sur les fonctionnaires régionaux, qui seront rémunérés par l'Etat central.

Les autorités espagnoles augmentent de jour en jour la pression sur les séparatistes catalans pour empêcher le déroulement d'un référendum d'autodétermination qualifié d'anticonstitutionnel par la Cour constitutionnelle.

Le parquet général a notamment requis la comparution devant la justice des maires qui ont annoncé être prêts à participer à l'organisation du scrutin, plus de 700 sur 948.

"Il n'y aura pas de référendum", a martelé vendredi le porte-parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo.

Les séparatistes sont majoritaires au Parlement catalan depuis 2015, mais la société catalane est divisée presque à parts égales selon les sondages. En revanche plus de 70% des Catalans souhaiteraient pouvoir s'exprimer par le biais d'un référendum.

Bien que la majorité des municipalités soient indépendantistes, cinq des dix plus grandes villes catalanes sont opposées au scrutin et Barcelone reste ambigüe : sa maire a simplement dit qu'elle ne mettrait pas d'obstacles à son organisation.

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