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14/09/2017 21:55 EDT | Actualisé 14/09/2017 22:00 EDT

Leif Erik-Holm, le nationaliste branché qui défie Angela Merkel

Voix de radio, sourire facile, barbe de trois jours et chemise à la mode: Leif-Erik Holm n'a pas le profil type du représentant d'un parti populiste et nationaliste.

Misant sur les bons résultats électoraux en 2016 de sa formation, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le candidat de 47 ans a un objectif: vaincre Angela Merkel dans sa circonscription de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale lors des législatives du 24 septembre.

Qu'importe si la chancelière a gagné en 2013 son fief avec 56% des suffrages, Leif-Erik Holm y croit car sa liste a créé la surprise lors des régionales de l'année dernière en devançant la CDU de la chancelière.

L'ancien animateur de radio est convaincu que celle qui est pouvoir depuis 12 ans a rompu son lien avec la population lorsqu'au pic de la crise migratoire de 2015, elle ouvrit son pays à des centaines de milliers de demandeurs d'asile, la plupart musulmans.

"Mme Merkel a, seule, décidé d'ouvrir les frontières. Nous ne pouvons pas l'oublier", explique-t-il à l'AFP depuis la ville côtière de Greifswald.

- Etrangers 'utiles' -

"Elle a permis à un million de personnes qui n'avaient été ni enregistrés ni contrôlées d'entrer dans le pays. C'est absolument inacceptable", martèle Leif-Erik Holm.

Avec son look de patron de start-up, la star montante de l'AfD évite aussi les dérapages xénophobes que d'autres cadres du parti affectionnent. A la place il se pose en défenseur d'une immigration "choisie", à la canadienne ou l'australienne, dit-il.

"Si vous critiquez l'immigration incontrôlée de masse, vous êtes de suite stigmatisé comme étant d'extrême droite, alors même que nous n'avons rien contre les étrangers en tant que tels", explique-t-il, "nous devons juste garder les bons, ceux qui peuvent nous être utiles".

Comme pour démontrer sa tolérance, Holm a ainsi répondu durant sa campagne à l'invitation d'un youtuber musulman, a visité une mosquée, et s'est rendu dans une famille ayant adopté des enfants noirs.

Mais il dénonce aussi sans cesse la menace d'une islamisation de l'Allemagne. Même si le Mecklembourg ne compte quasiment pas de demandeurs d'asile et encore moins de musulmans.

"Mon approche en politique est la suivante: aller de l'avant. N'attendons pas qu'il soit trop tard", justifie-t-il, invoquant l'existence de sociétés islamiques "parallèles" dans les grandes villes comme Berlin et Hambourg.

"On y voit des foulards, des bagarres entre migrants, des vols (...) des choses inimaginables se dessinent à l'horizon", proclame le concurrent d'Angela Merkel.

Leif-Erik Holm, comme la chancelière, a vécu une enfance simple en RDA communiste. S'il est "électrifié" par la chute du Mur de Berlin, il ne se lance pas pour autant en politique, choisissant une carrière à la radio qui durera 20 ans.

C'est en 2013 que l'animateur et DJ décide de sauter le pas afin de dénoncer les programmes d'aide de plusieurs milliards d'euros décidés en faveur des pays d'Europe du Sud en crise, comme la Grèce. A l'époque l'AfD vient de se lancer comme un parti anti-euro.

- 'Agréable retraite' -

Cette fibre anti-UE, Leif-Erik Holm la garde encore: "Nous voulons un Etat souverain, pas les Etats-Unis d'Europe".

Or aujourd'hui selon lui, reprenant un autre thème cher aux formations populistes européennes, les Allemands sont condamnés au "politiquement correct" et ne peuvent dénoncer la dilution de leur identité par l'Europe et par les immigrés.

"Beaucoup de gens n'osent pas aller à des manifestations (de l'AfD) car ils ont peur que leurs photos se retrouvent dans les journaux et que leur employeur, leurs collègues les voient", assure-t-il.

"Mais nous les gens de l'Est, nous nous sommes battus pour notre liberté et nous n'allons pas l'abandonner", met-il en garde.

La chancelière en fait du reste l'expérience: ses meetings de campagne en ex-Allemagne de l'Est sont tous conspués par des manifestants pro-AfD qui scandent "Merkel doit partir".

Leif-Erik Holm assure respecter le parcours de la chancelière, une enfant de la RDA qui s'est imposée dans un monde d'hommes d'Allemagne de l'Ouest. "Mais maintenant je lui souhaite une agréable retraite".

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