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15/09/2017 03:57 EDT | Actualisé 15/09/2017 04:20 EDT

Le gouvernement islandais perd sa majorité au Parlement

Le gouvernement islandais a perdu sa majorité vendredi, moins d'un an après des législatives anticipées, avec le retrait d'un parti de la coalition qui accuse le Premier ministre d'avoir couvert son père dans un imbroglio judiciaire.

"Le comité exécutif d'Avenir radieux a décidé de mettre fin à la coopération avec le gouvernement de Bjarni Benediktsson", a indiqué le parti centriste sur sa page Facebook, invoquant un manque de confiance au sein du gouvernement.

Avec un siège d'avance, la coalition gouvernementale de centre-droit, formée il y a neuf mois seulement au prix de laborieuses négociations, bénéficiait de la plus petite majorité à l'Althingi, le Parlement monocaméral de l'île de l'Atlantique nord.

La jeune et fragile coalition reposait sur le Parti de l'indépendance (conservateur) dirigé par le Premier ministre, Avenir radieux (centre) et Renaissance (centre-droit).

Le chef de Renaissance, Benedikt Johannesson, a demandé vendredi que de nouvelles élections soient organisées.

La Constitution islandaise autorise plusieurs scénarios: le gouvernement minoritaire reste en place, un autre parti accepte de remplacer Avenir radieux, le président désigne un parti pour tenter de former une nouvelle coalition, ou de nouvelles élections sont convoquées.

"Le plus probable est que le Premier ministre démissionne aujourd'hui. En principe, le président doit ensuite demander au gouvernement sortant de gérer les affaires courantes", a commenté pour l'AFP Olafur Hardarson, professeur de sciences politiques à l'Université d'Islande.

Les Islandais pourraient ainsi devoir retourner aux urnes un an après la chute du gouvernement de Sigmundur David Gunnlaugsson, impliqué dans les Panama Papers, scandale mondial d'évasion fiscale, qui avait entraîné la tenue de législatives anticipées en octobre dernier.

"De nouvelles élections sont possibles mais un nouveau gouvernement majoritaire ou minoritaire pourrait aussi être constitué" sans qu'il y ait besoin de convoquer les électeurs", a relevé M. Hardarson.

Aux sources de cette nouvelle crise, Benedikt Sveinsson, le père de l'actuel Premier ministre, Bjarni Benediktsson.

Selon la presse islandaise, M. Sveinsson a signé une lettre de recommandation pour assurer l'effacement au casier judiciaire de la condamnation d'un pédophile convaincu en 2004 d'avoir violé sa belle-fille quasi-quotidiennement pendant 12 ans.

Après avoir purgé sa peine, le condamné avait fait une demande de "rétablissement d'honneur" lui permettant de présenter un casier judiciaire vierge, ce que permet la loi du pays nordique sous réserve d'obtenir le soutien de personnes de bonne moralité.

Avenir radieux reproche au Premier ministre d'en avoir été informé dès juillet par son ministre de la Justice et d'avoir maintenu ses partenaires de la coalition dans l'ignorance jusqu'à ce qu'une commission parlementaire s'empare de l'affaire.

"C'est la goutte qui fait déborder le vase", a tonné Gudlaug Kristjansdottir, présidente d'Avenir radieux, alors que M. Benediktsson, lui-même cité dans les Panama Papers, avait déjà été tancé pour avoir retardé la publication d'un rapport sur l'évasion fiscale en pleine campagne législative.

Ni le gouvernement ni le parti conservateur n'avaient réagi vendredi à la mi-journée.

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