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15/09/2017 10:34 EDT | Actualisé 15/09/2017 10:40 EDT

Guinée: la ville de Boké "occupée" par des jeunes réclamant eau et électricité

La ville minière de Boké, en Guinée, était "occupée" vendredi par des manifestants, qui ont notamment saccagé le siège local du parti au pouvoir, au quatrième jour de protestations contre l'absence d'eau et d'électricité, ont rapporté des témoins.

"Les jeunes armés de gourdins, de cailloux et d'armes blanches ont érigé des barricades dans le centre-ville et dans les périphéries, obligeant les forces de sécurité venues notamment de Conakry à se retirer dans une caserne", a expliqué à l'AFP un témoin, Adama Doumbouya, un gendarme à la retraite joint par téléphone.

Lors d'une réunion vendredi à la mosquée, le commissaire de police de la ville, le colonel Hassane Tounkara, a prévenu que, "si les jeunes ne lèvent pas les barrages", il risquait d'y avoir "beaucoup d'autres victimes collatérales à cause du blocage de plus de 150 véhicules à l'entrée de la ville", a rapporté M. Doumbouya.

"La tension est vive, les manifestants deviennent de plus en nombreux au centre, où tout est mort", a confirmé un marchand, Almamy Conté.

"Les manifestants ont pris le dessus sur les forces de l'ordre, ils ont saccagé le siège du parti au pouvoir", le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), a ajouté M. Conté, selon qui seuls les véhicules de la Croix Rouge circulent en ville.

Ces manifestations, qui avaient commencé pacifiquement mardi, ont déjà fait deux morts et une soixantaine de blessés, selon des sources médicales.

L'électricité est absente dans la ville, située à quelque 300 km au nord-ouest de la capitale Conakry, en raison d'une panne à la centrale locale survenue dans la nuit du 4 au 5 septembre.

Les véhicules qui viennent du nord, notamment du Sénégal, "ne parviennent pas à traverser Boké depuis au moins trois jours", a aussi expliqué Almamy Conté, en disant craindre l'apparition de maladies chez les passagers bloqués, qui se plaignent du manque d'eau et d'alimentation saine.

"Tous les responsables préfectoraux et régionaux se sont réfugiés avec leurs familles dans un camp militaire", a assuré un responsable municipal s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Une équipe de journalistes de la presse guinéenne a affirmé avoir été dépouillée de son matériel.

Malgré la richesse du sous-sol de la Guinée en bauxite, or, diamant et minerai de fer, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec moins d'un euro par jour, selon l'ONU.

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