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15/09/2017 16:04 EDT | Actualisé 15/09/2017 16:20 EDT

Guatemala: retrait d'une loi polémique sur le financement illégal des partis

Le Parlement guatémaltèque a retiré vendredi les réformes polémiques du code pénal qui assouplissaient les sanctions en cas de financement illégal des partis politiques, sur fond de protestations et d'appels à la démission.

Ces réformes, qui devaient encore être promulguées par le président Jimmy Morales, ont été classées et "ne reviendront plus jamais sur le tapis juridique", a déclaré le président du Parlement, le député d'opposition Oscar Chinchilla.

Vendredi, les célébrations du jour de l'indépendance au Guatemala ont été marquées par le défilé de centaines de personnes appelant à la démission du chef de l'Etat, lui-même soupçonné de financement illégal de campagne.

Mercredi soir, 107 des 158 députés avaient voté en urgence une loi prévoyant que les secrétaires généraux des partis ne puissent pas être directement inquiétés en cas de délit de financement illégal.

Deux jours plus tôt, le Parlement a rejeté la demande du Parquet et d'une commission anti-corruption de l'ONU (Cicig) de lever l'immunité du président Morales, afin qu'il soit jugé pour de possibles irrégularités dans le financement de sa campagne en 2015.

Le président Jimmy Morales était alors secrétaire général du parti FCN-Nacion (droite).

Le Parlement avait adopté mercredi une autre réforme du code pénal, permettant que, pour les délits punis de jusqu'à 10 ans de prison, les prévenus puissent être libérés sous caution. Jusque-là ce n'était possible que pour les délits punis de jusqu'à cinq ans de prison.

Ces mesures avaient aussi été dénoncées par la procureure générale du Guatemala et l'ambassadeur américain dans le pays.

Ce pays est secoué par une lutte de pouvoirs entre le président Morales et la Cicig, mission spéciale des Nations unies unique au monde.

Le 25 août, le Parquet guatémaltèque et la Cicig avaient demandé la levée de l'immunité du chef de l'Etat.

Furieux, Jimmy Morales avait réagi deux jours plus tard en accusant le chef de la Cicig, le Colombien Ivan Velasquez, de s'immiscer dans les affaires internes du pays et en ordonnant son expulsion immédiate.

Une décision qui a déclenché des manifestations hostiles de Guatémaltèques, avant d'être finalement annulée par la Cour constitutionnelle.

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