NOUVELLES
14/09/2017 21:49 EDT | Actualisé 14/09/2017 22:00 EDT

Bras de fer Cambodge/Etats-Unis: pas de visa, pas de dépouilles de GIs

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen a annoncé vendredi des mesures de rétorsion contre Washington, qui a supprimé certains visas pour ses bureaucrates: la fin des recherches des restes des soldats américains tombés pendant la guerre du Vietnam.

La crise est née de l'annonce cette semaine par Washington de la suspension de l'octroi d'un certain type de visa pour les hauts-fonctionnaires du Cambodge, en représailles à la mauvaise volonté de Phnom Penh à reprendre sur son territoire les Cambodgiens expulsés des Etats-Unis.

"En réponse, le Cambodge annonce aux Etats-Unis qu'il suspend temporairement sa coopération dans la recherche des Américains disparus au Cambodge" pendant la guerre du Vietnam.

Celle-ci a en effet débordé au Cambodge, où 90 GIs ont été portés disparus à cette époque. Plus de la moitié font toujours l'objet de recherches, afin que leurs restes soient renvoyés aux Etats-Unis.

Malgré cette rebuffade symbolique, Hun Sen a assuré vendredi Washington de sa bonne volonté dans le dossier des rapatriations forcées de ses compatriotes condamnés aux Etats-Unis.

Il a cependant dénoncé une politique américaine qui "brise" les familles de ces descendants d'exilés ayant fui le régime khmer rouge, qui a décimé le quart de la population du Cambodge à la fin des années 1970.

"C'est tragédie sur tragédie", a affirmé Hun Sen, critiquant "le manque d'humanité des Etats-Unis alors même qu'ils parlent fort de moralité et de droits de l'homme".

Des centaines de descendants de réfugiés cambodgiens ont été expulsés par Washington depuis le début des années 2000. Chaque année, des milliers de détenteurs de la précieuse "green card" de diverses nationalités payent ainsi le fait d'avoir un casier judiciaire.

Au pouvoir depuis plus de 32 ans, Hun Sen est critiqué pour sa main mise sur le pouvoir et ses méthodes autoritaires pour faire taire toute opposition.

A l'approche des élections législatives de 2018, lors desquelles il craint une "révolution de couleur" soutenue par les Etats-Unis, Hun Sen a fait mettre en prison pour "espionnage" à la solde de Washington du chef de l'opposition.

La mesure de rétorsion américaine de suppression de certains visas ne touche pas seulement le Cambodge, mais au aussi l'Erythrée, la Guinée et la Sierra Leone.

suy-dth/tib/lb