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15/09/2017 01:26 EDT | Actualisé 15/09/2017 01:40 EDT

Après 50 ans de silence, le grand orgue bruxellois ressuscite

L'orgue monumental du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, hors d'usage depuis 1967 à la suite d'un incendie, démarre une nouvelle vie après une longue rénovation, avec l'ambition d'être un instrument moderne adapté au jazz et à l'électro autant qu'au répertoire classique.

Un festival, qui s'ouvre vendredi soir, réunissant des organistes français et belges parmi les plus réputés sur la scène internationale (Olivier Latry, Bernard Foccroulle, etc) va célébrer pendant une semaine,jusqu'au 22 septembre, le nouvel instrument.

La particularité de l'orgue est d'avoir été conçu pour s'intégrer parfaitement au palais art-déco bâti dans les années 1920 par le célèbre architecte belge Victor Horta (1861-1947). Ce dernier en a dessiné le buffet.

Il compte aussi parmi les rares grandes orgues de salle de concert dans les pays dits "latins" (dont fait partie la Belgique), où le son de cet instrument est encore souvent associé à l'église et à une certaine austérité, selon Bernard Foccroulle, qui a piloté le projet de rénovation lancé en 1988.

"Ce n'est pas exceptionnel qu'il y ait des orgues dans les salles de concert aujourd'hui, sauf en France, en Belgique ou en Italie où c'est plutôt rare, et c'est dommage", a exliqué à l'AFP cet organiste et compositeur belge, actuel directeur du festival d'Aix-en-Provence.

"Les architectes n'aiment pas toujours concevoir un orgue dans une salle, car l'instrument a une certaine prégnance visuelle, c'est plus facile de faire sans", affirme-t-il.

- 'Sampling' -

L'exemplaire bruxellois est un des deux seules orgues de salle en Belgique avec celui de Liège (est du pays).

Mais sa taille monumentale et ses 4.000 tuyaux le classent dans la catégorie des "grands instruments" où l'on trouve seulement trois équivalents en France, dont les deux orgues de La Philharmonie et de la Maison de la Radio à Paris.

L'institution culturelle qui l'héberge --appelée Bozar, siège de l'Orchestre national de Belgique-- revendique la "pluridisciplinarité", et l'orgue rénové doit s'inscrire dans ce mélange des genres, "entre tradition et modernité".

"La manière dont les tuyaux ont été fabriqués, harmonisés (...) permet de jouer tout le répertoire de l'orgue depuis la Renaissance, avec un accent sur la musique symphonique, avec orchestre", poursuit Bernard Foccroulle.

Mais "il y a aussi une forte dimension de modernité par l'utilisation de nouvelles technologies", souligne-t-il.

Et les fans de musique électro ne seront pas en reste, avec l'apport prochain d'éléments de lutherie électronique permettant le "sampling" et les transformations sonores en direct pendant les concerts.

Après un concours international, la rénovation de l'instrument avait été attribuée à la Manufactures d'Orgues luxembourgeoise Westenfelder il y a près de 25 ans.

Le projet, d'un coût total d'environ 2 millions d'euros, a été suspendu plusieurs fois dans les années 1990 et 2000, d'abord par la restauration globale de la salle, puis par une série d'inondations.

mad/agr/ia