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14/09/2017 12:53 EDT | Actualisé 14/09/2017 21:57 EDT

Tous les athlètes russes participeront aux JO 2018, affirme un membre du CIO

LIMA, Pérou — Si les Russes sont préoccupés par la perspective de rater les Jeux olympiques d'hiver, un de leurs dirigeants n'en laisse rien paraître.

Lorsqu'on lui a demandé s'il était préoccupé de l'impact de l'enquête portant sur le scandale de dopage qui a éclaboussé son pays et des conséquences sur son admissibilité aux Jeux en février prochain, Alexander Zhukov, un membre russe du Comité international olympique, a affirmé à l'Associated Press qu'il s'attend à ce que tous les athlètes de la Russie participent aux prochains Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud.

«La plupart des athlètes russes s'entraîneront dans des compétitions majeures cet hiver, a mentionné Zhukov, qui est également le dirigeant du Comité olympique russe. Et ils se préparent. Selon moi, ils seront tous à Pyeongchang.»

Ces commentaires d'Alexander Zhukov ont été faits alors que deux comités du CIO amorcent leur 15e mois de révision du Rapport McLaren, dans lequel est mis au jour un système étatique de dopage pour les Jeux de Sotchi et auparavant. Le rapport mentionne que 1000 athlètes provenant de 30 sports ont profité de ce programme.

Le CIO recevra des mises à jours de ces rapports, dont un portant sur les nouvelles analyses effectuées sur 254 échantillons d'urine, lors de sa réunion de cette semaine. Mais il ne prendra pas de décision au sujet de l'admissibilité des athlètes russes, que ce soit de façon individuelle ou pour l'ensemble de la délégation.

Ça semble être une stratégie pour retarder le processus décisionnel selon certains membres du CIO, sans compter le groupe de dirigeants de l'Agence mondiale antidopage (AMA) qui a demandé jeudi qu'on suspende le Comité olympique russe des Jeux de l'an prochain.

«Ça ne me surprendrait pas que les jeux soient déjà faits, tout comme à Rio, a mentionné Travis Tygart, le président et directeur général de l'Agence antidopage américaine (USADA). Nous sommes dans la même situation, car même si les preuves sont accablantes, ils (les dirigeants du CIO) n'auront pas suffisamment de temps pour infliger une sanction significative.»

Le CIO a refusé de suspendre l'ensemble de la délégation russe aux Jeux de Rio de Janeiro l'été dernier, préférant laisser quelques jours seulement aux différentes fédérations sportives internationales pour déterminer l'admissibilité de nombreux athlètes. Selon le Montréalais Dick Pound, qui est membre du CIO et qui est arrivé aux mêmes conclusions que le Rapport McLaren après avoir mené une enquête indépendante portant sur le dopage au sein de l'équipe russe d'athlétisme, cette décision a envoyé le mauvais message.

«Il s'agit de notre événement, a-t-il rappelé à l'AP. Nous devons nous assurer qu'il soit crédible, et nous devons être crédibles. Nous avons raté une belle opportunité à Rio.»

Pound et plusieurs collègues estiment qu'un système devrait être érigé afin que les athlètes russes puissent participer aux JO à titre d'indépendants, à condition qu'ils parviennent à démontrer qu'ils ont suivi un programme antidopage strict au cours des derniers mois. Le mois dernier, 19 Russes ont pu participer aux Championnats du monde d'athlétisme en vertu de ces exemptions.

Plusieurs militants du mouvement antidopage ont été frustrés d'apprendre plus tôt cette semaine que l'AMA avait abandonné les poursuites contre 95 des 96 premiers cas individuels de dopage identifiés dans le Rapport McLaren, faute de preuves.

Le directeur général de l'AMA, Olivier Niggli, a expliqué à l'AP que puisqu'une partie du stratagème russe comprenait la destruction d'échantillons positifs, alors la plupart des méfaits devenaient difficiles à prouver.

«Depuis le tout début, nous avons répété que les preuves contre les individus sont ce qu'elles sont, et dans la plupart des cas les preuves sont insuffisantes pour poursuivre les démarches, a dit Niggli. Si nous disposons de suffisamment de preuves pour continuer, alors nous n'hésiterons pas. Mais il faut être réaliste.»

Les dirigeants de l'AMA ont dit croire que les fédérations sportives, qui sont les premières à analyser les dossiers, devraient poursuivre le processus dans certains cas.

Plus tôt cette semaine, le vice-premier ministre russe, Vitaly Mutko, a blâmé l'ex-dirigeant du laboratoire russe antidopage ainsi que l'Agence russe antidopage (RUSADA) pour avoir enfreint les règlements qui ont pavé la voie aux conclusions du Rapport McLaren.

L'AMA, l'IAAF et le Comité international paralympique exigent que la Russie reconnaisse sa responsabilité dans le scandale du dopage généralisé qui a secoué le pays afin qu'elle puisse être admise de nouveau au sein de ces organisations. Le CIO, cependant, n'a émis aucune condition. Le président Thomas Bach, qui a milité afin de permettre à la Russie de participer aux Jeux de Rio de Janeiro, a déclaré qu'il rendrait sa décision une fois que les rapports des divers comités seront complétés.

Entre-temps, le temps s'écoule. Les Jeux olympiques commenceront dans moins de quatre mois. Bach a dit espérer que les décisions dans certains dossiers individuels soient rendues avant que la saison des sports d'hiver ne se mette en branle.

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