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14/09/2017 06:21 EDT | Actualisé 14/09/2017 06:40 EDT

Pollution au mazout en Grèce: le gouvernement se défend face aux ONG

Des défenseurs de l'environnement ont pointé du doigt jeudi l'échec des autorités grecques à gérer le naufrage d'un pétrolier dimanche au large de l'île de Salamine, près d'Athènes, libérant des nappes de mazout qui ont gagné le port du Pirée et des quartiers balnéaires.

Le ministre de la Marine marchande Panagiotis Kouroublis, particulièrement sur la sellette dans cette affaire, et dont le principal parti d'opposition Nouvelle Démocratie (droite) a réclamé la démission, s'est cependant employé jeudi à justifier la réaction du gouvernement.

Dimanche, l'Agia Zoni II, un bâtiment de 91 mètres construit en 1972 et battant pavillon grec, a sombré en pleine nuit pour une raison encore imprécise entre le sud-est de Salamine et le Pirée, laissant s'échapper quelque 2.500 tonnes de mazout et de carburant pour navires.

Le ministre, auquel il est reproché d'avoir attendu plusieurs jours pour revenir de Londres, où il assistait à une conférence sur le transport maritime, s'est rendu jeudi matin sur les lieux touchés par la pollution. "La situation s'améliore de jour en jour (...) on ne voit pas de destruction massive parmi les oiseaux et les poissons", a-t-il relevé, soulignant qu'une vingtaine de navires étaient affectés au nettoyage, qui devrait prendre un mois environ.

"Dans 25 à 30 jours, la situation aura complètement changé", a-t-il assuré, mettant en avant "un effort énorme".

Il a expliqué que l'Agia Zoni avait sombré en à peine un quart d'heure, et qu'un bateau anti-pollution des garde-côtes était arrivé sur place dans les trois heures.

Selon le ministre, des barrières anti-pollution ont été placées à la surface de la mer six heures après le naufrage pour empêcher la nappe de s'étendre, mais le mazout a coagulé, a légèrement plongé et est passé sous les barrières. "Nous aussi, nous nous demandons comment il y a pu avoir une fuite alors que les barrières étaient là", a-t-il plaidé.

- Le capitaine poursuivi -

Ces explications ne satisfont pas les ONG environnementales.

"Cette fuite a eu lieu près du plus grand port du pays, à tout juste quelques kilomètres du centre d'opération du ministère qui gère ce genre de catastrophes", a accusé Dimitris Ibrahim, directeur de campagne de Greenpeace en Grèce, sur le portail d'informations in.gr. En outre, la quantité de mazout qui s'est échappée était "relativement faible", a-t-il insisté.

Comment "un pays avec un trafic de pétroliers important a été à ce point incapable de protéger ses plages d'un incident de petite échelle?", s'est interrogé de son côté l'ONG WWF.

"Il est clair que ce test de préparation a échoué", a tranché le directeur général de WWF en Grèce, Dimitris Karavelas, sur la chaîne de télévision Skai.

Jeudi, outre Salamine à l'ouest du naufrage, et le port du Pirée à l'est, des nappes de mazout touchaient aussi les localités balnéaires d'Agios Kosmas et de Glyfada dans la banlieue sud-est de la capitale, puis les plages populaires de Voula et Vouliagmeni.

"Nous n'aurions jamais pensé que la nappe allait nous atteindre, a témoigné sur Skai le maire de la station huppée de Glyfada, Yiorgos Papanikolaou, et si on nous avait prévenu mardi, nous aurions pris des précautions".

Les maires des communes touchées ont publié des avertissements sur la fréquentation des plages, et les pêcheurs ont été priés d'éviter la zone polluée.

L'Union européenne a fourni un bateau de nettoyage au dispositif anti-pollution.

Alors que le propriétaire de l'Agia Zonia a affirmé qu'il était en parfait état de navigation, les causes du naufrage demeurent peu claires. Le capitaine et son second, seuls à bord au moment du naufrage, sont poursuivis pour négligence.

jph-od/glr

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