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14/09/2017 13:23 EDT | Actualisé 14/09/2017 13:40 EDT

Nigeria : un policier tué, 32 partisans de l'indépendance du Biafra arrêtés

Un policier a été tué et 32 partisans de l'indépendance du Biafra ont été arrêtés à la suite de violentes manifestations dans l'Etat de Rivers, dans le sud du Nigeria, a annoncé jeudi la police.

"Un sergent de police attaché à l'unité antiémeutes dans le quartier d'Oyigbo à Port Harcourt a été tué hier (mercredi) par des membres présumés de l'IPOB (mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra, ndlr) qui se sont emparé de son arme", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police de Rivers, Nnamdi Omoni.

Il a ajouté qu'une autre attaque s'était produite mardi à l'école de police de Port Harcourt, faisant plusieurs blessés dans les rangs de la police.

Au total, "32 suspects" ont été placés en détention provisoire ces deux derniers jours et "seront traduits devant les tribunaux après enquête", a-t-il précisé.

Le gouverneur de l'Etat voisin d'Abia a imposé mardi un couvre-feu nocturne de trois jours après la montée des tensions ces derniers jours.

De violents affrontements ont opposé les forces de l'ordre aux membres de l'IPOB, qui réclament l'indépendance du Biafra, une région en grande majorité igbo. L'IPOB a affirmé que cinq de ses partisans avaient été tués dans les heurts, ce que l'armée a réfuté.

Jeudi matin, un commissariat de police a en outre été incendié à Aba, le centre économique de l'Etat d'Abia, faisant un blessé dans le quartier d'Ariara.

"Le poste de police a été incendié tôt ce matin, entre six et sept heures, par des inconnus", a affirmé à l'AFP le porte-parole de la police de cet Etat, Geofrey Ogbonna.

"Nous enquêtons sur l'incident mais aucune arrestation n'a eu lieu" pour l'instant, a-t-il ajouté, affirmant que le calme était revenu et que tout était "sous contrôle".

"L'armée et la police sont partout, ils recherchent des partisans de l'indépendance du Biafra maison par maison", a pour sa part affirmé à l'AFP un responsable local du Massob, un autre mouvement indépendantiste, Anayochukwu Okpara.

"Nous avons entendu de nombreux tirs pendant la nuit et maintenant il n'y a pas de mouvement dans la ville, même le marché international d'Ariara est fermé", a-t-il déclaré.

Une vidéo circulait par ailleurs sur les réseaux sociaux depuis mercredi, montrant de supposés militaires punissant et humiliant des partisans de l'IPOB torse nu en les forçant notamment à ramper dans la boue. Le lieu et la date n'étaient pas précisés.

L'armée a annoncé jeudi dans un communiqué qu'elle allait enquêter sur cette vidéo, affirmant que tout soldat coupable d'avoir enfreint le règlement devra répondre de ses actes devant la justice militaire.

L'organisation Reporters sans frontières a en outre accusé jeudi les militaires d'avoir fait irruption mardi dans les locaux d'un syndicat de la presse à Umuahia, la capitale de l'Etat d'Abia, brutalisant des journalistes et confisquant leur matériel.

Le chef de file de l'IPOB, Nnamdi Kanu, est poursuivi pour trahison et atteinte à la sûreté de l'Etat. Il est actuellement en liberté provisoire sous caution, en attendant le début de son procès, qui devrait avoir lieu le mois prochain à Abuja.

Il avait été libéré fin avril sous caution, mais ses 18 mois de détention ont attisé la colère et le sentiment d'exclusion des Biafrais.

Jeudi soir, le gouverneur de l'Etat du Plateau, dans le centre du Nigeria, a à son tour décrété un couvre-feu après des rumeurs d'attaques contre des commerçants de la minorité igbo installés dans la capitale Jos par des musulmans haoussa, en réaction aux tensions dans le sud-est.

Le gouverneur Simon Lalong a imposé cette mesure "du crépuscule à l'aube (18h-6h)" à Jos jusqu'à "nouvel ordre", ainsi que le déploiement de forces de sécurité dans les quartiers sensibles.

Des tensions intercommunautaires ont été signalées ces derniers jours dans les villes d'Aba et de Port-Harcourt où des commerçants haoussa - minoritaires dans le sud-est - ont été pris à partie par des partisans de l'indépendance du Biafra, selon les médias locaux. Par le passé, Jos a été le théâtre de violents affrontement inerethniques et religieux.

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