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14/09/2017 16:37 EDT | Actualisé 14/09/2017 21:58 EDT

Les Rohingyas fuient toujours le Myanmar par milliers

COX'S BAZAR, Bangladesh — Trois semaines après le début de l'exode des Rohingyas vers le Bangladesh, des milliers de membres de cette minorité musulmane persécutée continuaient de fuir le Myanmar jeudi. 

Cette crise a valu aux autorités birmanes la réprobation de la communauté internationale, alors que les représentants onusiens font état d'une campagne de nettoyage ethnique dans l'État d'Arakan.

Jeudi, un bateau transportant des Rohingyas vers le Bangladesh a chaviré et au moins de deux de ses passagers sont morts noyés selon les policiers. Le fleuve Naf a fauché au moins 88 personnes depuis le début de la crise, qui a vu quelque 400 000 Rohingyas fuir le Myanmar.

Le porte-parole du cabinet de la présidente, Zaw Htay, indique que sur 471 villages «bengalis» dans trois agglomérations de l'Arakan, 176 étaient désormais complètement vides et au moins 34 autres, partiellement abandonnés. Le recours au terme «bengali» illustre le refus de reconnaître les Rohingyas comme des citoyens du Myanmar.

Le gouvernement birman prétend d'ailleurs que les Rohingyas brûlent leurs propres villages.

Le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, estime qu'avec l'autre flambée de violence d'octobre dernier, 40 pour cent de la population rohingya a maintenant trouvé refuge au Bangladesh. Il a ajouté qu'environ 60 pour cent de ces réfugiés sont des enfants.

Le début de l'exode remonte au 25 août, lorsque des insurgés rohingyas s'en sont pris à des commissariats de police. L'armée avait répliqué par des opérations contre-insurrectionnelles, mais les Rohingyas ayant trouvé refuge au Bangladesh soutiennent que les militaires ouvraient le feu sans discernement. D'autres soutiennent avoir été attaqués par des groupes bouddhistes.

Cette crise a fait des centaines de morts, pour la plupart des Rohingyas, et certains réfugiés ont requis des soins après avoir été atteints par balles.

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi ne participera pas à l'Assemblée générale des Nations Unies ce mois-ci pour gérer ce que son gouvernement a qualifié d'enjeux internes.

Amnistie internationale a dit jeudi avoir découvert des preuves que les forces de sécurité birmanes brûlent systématiquement des villages rohingyas depuis trois semaines.

L'histoire des Rohingyas en est une de plusieurs décennies de persécution: on leur refuse toujours la citoyenneté birmane, même si leurs racines dans la région de l'Arakan remontent à plusieurs siècles.

Les deux camps de réfugiés existants au Bangladesh débordent et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) fait état de pénuries d'abris, de nourriture et d'eau potable.

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