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14/09/2017 10:27 EDT | Actualisé 14/09/2017 10:40 EDT

Le Drian plaide à Ankara pour le retour d'un journaliste français détenu

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a plaidé lors d'une visite à Ankara jeudi pour le retour en France du journaliste Loup Bureau détenu en Turquie depuis fin juillet.

"Nous avons sollicité une procédure qui soit menée rapidement afin que notre compatriote puisse rentrer en France et retrouver les siens", a déclaré M. Le Drian lors d'une conférence de presse avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu.

Il a aussi appelé les autorités turques à améliorer les conditions de détention du jeune reporter de 27 ans et à autoriser sa famille à lui rendre visite.

"Nous souhaitons que les procédures se mènent dans les plus brefs délais", a dit M. Le Drian, qui s'est également entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Nous respectons la justice turque, mais nous souhaitons que tout cela soit clarifié très vite", a insisté le chef de la diplomatie française.

Loup Bureau a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara) ont été trouvées en sa possession.

Il a été placé en détention provisoire le 1er août pour soupçon d'appartenance à "une organisation terroriste armée".

Fin août, le président français Emmanuel Macron avait demandé à son homologue turc sa "libération rapide et son retour en France".

Loïc Bureau, le père du journaliste détenu, avait exhorté mercredi M. Le Drian à la veille de son déplacement à Ankara à "ramener (son) fils de Turquie".

La justice turque a rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle de Loup Bureau, selon Martin Pradel, l'un des avocats français du jeune journaliste.

Le chef de la diplomatie française a également répété la volonté de Paris de ne "pas rompre" avec Ankara, malgré les tensions entre l'Union européenne et la Turquie.

"Reconnaissons-le, (la relation entre l'UE et la Turquie) est aujourd'hui difficile", a-t-il souligné. "La position de la France est claire, nous ne voulons pas de rupture avec la Turquie."

"Mais nous sommes préoccupés par certains développements auxquels nous assistons", a-t-il ajouté, appelant la Turquie à "prendre des initiatives pour affirmer sa volonté de respecter les valeurs européennes".

Alors que les relations entre la Turquie et l'Allemagne sont particulièrement tendues, notamment depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, Angela Merkel a annoncé début septembre être favorable à un arrêt des négociations d'adhésion de la Turquie avec l'UE, au point mort depuis des années, provoquant la colère d'Ankara.

Quelques jours après les déclarations de Mme Merkel, le président français a quant à lui appelé à "éviter les ruptures" entre l'UE et la Turquie, la qualifiant de "partenaire essentiel".

Une rencontre entre MM. Macron et Erdogan doit avoir lieu la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, selon les chefs de diplomatie des deux pays.

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