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14/09/2017 13:22 EDT | Actualisé 14/09/2017 13:40 EDT

Guatemala: tollé après une loi sur le financement illégal des partis

Un cercueil installé le Congrès et des mannequins à l'effigie des parlementaires brûlés: une centaine de Guatémaltèques ont manifesté jeudi dans la capitale pour dénoncer des réformes du code pénal qui assouplissent les sanctions en cas de financement illégal des partis politiques.

Ces mesures, adoptées par le parlement mais qui doivent encore être promulguées par le président Jimmy Morales, ont aussi été dénoncées par la procureure générale du Guatemala et l'ambassadeur américain dans le pays.

"Vous êtes tous virés!", disait une grande pancarte brandie par une manifestante, à l'attention des députés.

Les manifestants exigent que M. Morales, lui-même soupçonné de financement illégal de campagne, oppose son veto à ces réformes, qu'ils ont dénoncées comme un "pacte de corrompus", a constaté un photographe de l'AFP.

Mercredi soir, 107 des 158 députés ont voté en urgence une loi prévoyant que les secrétaires généraux des partis ne puissent pas être directement inquiétés en cas de délit de financement illégal.

Deux jours plus tôt, le Parlement a rejeté la demande du parquet et d'une commission anti-corruption de l'ONU (Cicig) de lever l'immunité du président Morales, afin qu'il soit jugé pour de possibles irrégularités dans le financement de sa campagne en 2015.

Jimmy Morales était alors secrétaire général du parti FCN-Nacion (droite).

Le Parlement a adopté une autre réforme du code pénal, permettant que, pour les délits punis de jusqu'à 10 ans de prison, les prévenus puissent être libérés sous caution. Jusque-là ce n'était possible que pour les délits punis de jusqu'à cinq ans de prison.

Ces modifications "favorisent l'existence de structures criminelles", a dénoncé dans un communiqué la procureure générale du Guatemala, Anabella Morfin, appelant elle aussi le président à opposer son veto.

L'ambassadeur américain, Todd Robinson, a lui aussi critiqué ces réformes, parlant de "honte" sur Twitter.

Le procureur en charge des droits humains, Jordan Rodas, a également évoqué son "indignation" et la "honte nationale". Il a saisi la Cour constitutionnelle.

"Le péché original de la démocratie guatémaltèque est le financement électoral illicite", a commenté la Cicig.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président Morales a promis d'opposer son veto aux réformes s'il les trouve "nocives pour le peuple guatémaltèque".

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