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14/09/2017 14:20 EDT | Actualisé 14/09/2017 14:40 EDT

Brésil: Temer accusé d'être le "leader d'une organisation criminelle"

Le président brésilien Michel Temer a fait l'objet jeudi d'une nouvelle accusation formelle de la part du procureur général Rodrigo Janot, qui le soupçonne d'être le "leader d'une organisation criminelle" dans le cadre d'un vaste scandale de corruption.

Cette demande de mise en accusation pour "obstruction à la justice" et "participation à une organisation criminelle" était attendue, mais elle prend plus d'ampleur dans le sens où six proches collaborateurs du chef de l'État sont aussi concernés.

Fin juin, M. Temer, 76 ans, avait déjà été accusé formellement de corruption passive, mais était parvenu à empêcher l'ouverture d'un procès à son encontre en obtenant une large majorité à la chambre des députés, seule habilitée à donner suite à la procédure.

D'après le document officiel du procureur, "Michel Temer est accusé d'avoir joué le rôle le leader de l'organisation criminelle depuis 2016", date à laquelle il a remplacé à la tête du pays l'ex-présidente de gauche Dilma Rousseff, destituée pour maquillage de comptes publics.

Le réseau de corruption aurait permis aux accusés d'empocher 587 millions de réais de pots-de-vin (environ 158 millions d'euros au taux de change actuel), ajoute le document.

Des dessous de table versés notamment en échange de faveurs afin d'intercéder pour des entreprises privées pour l'obtention de contrats avec des compagnies d'État, comme le géant pétrolier Petrobras.

La demande de mise en accusation de jeudi concerne aussi six autres membres du parti de M. Temer, le PMDB (centre-droit).

Parmi eux deux de ses plus proches collaborateurs, Eliseu Padilha, ministre de la Maison civile, fonction qui s'apparente à celle de Premier ministre, et Moreira Franco, secrétaire-général de la présidence.

La liste inclut aussi l'ex-ministre Geddel Vieira Lima, écroué la semaine dernière, après la découverte de 16 millions de dollars cachés dans des valises et des mallettes qui portaient ses empreintes digitales.

- Enregistrement compromettant -

Cette demande a été remise à la Cour suprême, qui doit l'analyser avant de la soumettre à la chambre des députés.

Si deux tiers des parlementaires votent pour l'ouverture d'un procès, le président sera écarté pour six mois le temps de son jugement.

Ces accusations s'appuient notamment sur les confessions explosives du magnat de la viande Joesley Bastista, auteur d'un enregistrement compromettant pour le président Temer qui a déclenché un véritable séisme politique au Brésil.

Dans cet enregistrement clandestin, rendu public à la mi-mai, le chef de l'État semble donner son accord pour l'achat du silence d'un député aujourd'hui en prison.

Après ces révélations, les appels à la démission ont fusé de toute part, mais M. Temer est parvenu à se maintenir au pouvoir contre vents et marées.

Le document officiel du procureur évoque aussi des versements à Lucio Funaro, soupçonné d'être un intermédiaire du PMDB pour le paiement de pots-de-vin, ce qui justifie l'accusation d'"obstruction à la justice"

Propriétaire du géant de la viande JBS, Joesley Batista est passé aux aveux après avoir noué un accord avec la justice dans l'espoir d'une remise de peine.

Cet accord a été suspendu dimanche dernier, le chef d'entreprise étant soupçonné d'avoir omis de fournir des éléments aux enquêteurs.

Mais la demande de mise en accusation précise que cette suspension "ne limite pas l'utilisation des preuves présentées".

lg/ctx

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