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03/09/2017 08:34 EDT | Actualisé 03/09/2017 08:40 EDT

Bombe "blockbuster" à Francfort: plus de 60.000 habitants évacués

La ville de Francfort a dû faire évacuer dimanche plus de 60.000 habitants pour permettre le désamorçage d'une énorme bombe britannique datant de la Deuxième guerre mondiale, la plus grande opération de ce type en Allemagne depuis 1945.

"Cela ma rappelle notre fuite de Berlin sous les bombes pendant la guerre", raconte une résidente nonagénaire, Eva Jarchow, après avoir quitté son appartement.

"Au moins ici cette fois la situation est calme et il fait beau", ajoute-t-elle.

"Ce n'est pas un sentiment très agréable d'être sorti de chez soi comme ça, mais bon on n'a pas le choix, dit un autre habitant, Jürgen Winterscheidt, 52 ans, qui a quitté la zone en bus accompagné de sa mère.

L'opération de désarmorçage de l'engin de la Royal Air Force de 1,8 tonne a débuté avec retard dans l'après-midi. L'évacuation de la population du périmètre concerné a pris plus de temps que prévu car certains habitants refusaient de quitter leur logement, selon la police.

En début de soirée, les services du déminage avaient réussi à retirer la plupart des détonateurs de la bombe, mais pas toutes les charges explosives.

Du coup les travaux pourraient encore durer jusque tard dans la soirée et une partie des habitants devraient devoir attendre jusqu'à après minuit pour rentrer chez eux, selon les secours.

L'engin a été baptisée "Blockbuster" par les Francfortois, en raison de sa charge explosive de 1,4 tonnes, capable de raser un pâté de maison et d'immeubles.

Il a été découvert en début de semaine sur un chantier de construction dans le quartier de Westend, à deux pas du centre-ville.

Pour permettre le déminage sans risque, les habitants dans un périmètre de 1,5 kilomètre autour ont dû quitter leur domicile dès 6 heures du matin. Cela représente plus de 60.000 personnes, soit près de 10% de la population totale de la métropole.

Chez les habitants les plus âgés, la bombe "blockbuster" rappelle de mauvais souvenirs.

"Pour moi ce n'est pas une expérience vraiment nouvelle. J'ai habité ici à Westend pendant la guerre. Quand j'étais dans la cave j'entendais les bombes tomber et j'aidais à éteindre les incendies", raconte Doris Scheidt, 91 ans.

La plupart des habitants prennent cette sortie forcée néanmoins avec flegme.

Claudia Schmitt, une employée de banque de 61 ans, a pris ses précautions car l'opération des démineurs pourrait durer plus longtemps que prévu. "J'ai emmené un livre avec moi, une autobiographie de Bruce Springsteen qui fait 600 pages", dit-elle.

- Centaines de policiers -

Les forces de l'ordre ont commencé à se déployer dans le quartier dès samedi par mesure de précaution pour éviter des cambriolages ou des vols dans les habitations ou magasins déjà abandonnés.

Dimanche, elle a mobilisé plusieurs centaines d'agents pour s'assurer que le périmètre autour de la bombe était bien déserté.

La municipalité a mis plusieurs grandes halles à disposition des résidents évacués. Les musées leurs ont aussi ouvert gratuitement leurs portes.

Du fait des bombardements alliés intensifs de la Deuxième guerre mondiale, les services de déminage doivent régulièrement neutraliser en Allemagne des bombes et obus de l'époque, découverts lors de chantiers, dans des champs et même parfois des jardins.

Samedi, à la veille de l'opération de Francfort, 21.000 personnes ont encore été évacuées à Coblence, dans l'ouest de l'Allemagne, le temps de désamorcer une bombe de 500 kilos.

Jusqu'à présent, la plus grande évacuation due à un tel déminage a eu lieu le 25 décembre 2016, lorsque 54.000 personnes avaient dû quitter leurs logements à Augsbourg, dans le sud du pays.

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