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02/09/2017 11:15 EDT | Actualisé 02/09/2017 11:40 EDT

Mondiaux-2017 - De 2007 à 2017: les neuf couronnes du roi Riner

De 2007 à 2017, retour sur les neuf titres mondiaux de Teddy Riner:

. 2007, Teddy se fait un nom

C'est l'année de la révélation pour le champion d'Europe et du monde junior 2006. A 18 ans, il débarque chez les seniors et devient le plus jeune champion du monde de l'histoire chez les lourds, à Rio, en s'offrant d'entrée la star japonaise Kosei Inoue. Quatre mois après s'être offert son premier titre majeur, aux Championnats d'Europe en Serbie. Le décor est posé. On lui promet une carrière plus belle encore que celle de David Douillet.

. 2008, Levallois pour apaiser Pékin

Après son explosion éclair, le judoka aborde les jeux Olympiques de Pékin en favori. Il doit s'y contenter de bronze. En mal d'exploits, il participe aux Mondiaux toutes catégories, à Levallois-Perret, et se pare d'or. Acquis fin décembre, Riner vit cette médaille d'or comme un "cadeau de Noël."

. 2009, Riner s'enrichit

Quand il débute l'olympiade qui va le mener à Londres, Riner a un objectif dans un coin de la tête: rester invaincu jusqu'aux JO-2012. Il se blesse au biceps au printemps mais ne se prive pas d'enrichir son palmarès d'un nouveau sacre mondial, le deuxième en poids lourds, aux dépens du Cubain Oscar Brayson. "Aujourd'hui, je n'ai pas douté", assène Riner. Ces Mondiaux sont les premiers d'une nouvelle ère: désormais, le rendez-vous planétaire aura lieu chaque année et non plus tous les deux ans.

. 2010, un titre savoureux, puis l'amertume

Devenu l'homme à battre, Riner se fait de plus en plus rare pour ne pas se dévoiler. Mais au pays du judo, il vise deux titres en une semaine, en +100 kg et en toutes catégories. En poids lourds, tout se passe bien: il enchaîne les ippons, sauf en finale contre l'Allemand Andreas Tölzer (yuko). Avec une quatrième couronne mondiale, le voilà l'égal de Naoya Ogawa, Shozo Fujii, Yasuhiro Yamashita et David Douillet. A seulement 21 ans. "Ce titre a une saveur particulière parce que c'est au Japon", souligne Riner. Quelques jours plus tard, c'est l'amertume qui prime quand il est déclaré perdant en finale toutes catégories au profit du Japonais Daiki Kamikawa, pourtant peu combatif, sur décision des arbitres.

. 2011, la revanche et le record

Sa défaite au Japon lui reste en travers de la gorge. A Paris, dans l'antre de Bercy, Riner veut sa revanche. Sous les yeux d'un public acquis à sa cause, il multiplie les ippons, jusqu'en finale où sa victime est une nouvelle fois Tölzer. Sur un nuage, Riner entre dans l'histoire: il devient, chez les messieurs, le premier judoka à détenir cinq médailles d'or mondiales. "Maintenant, on va rêver des Jeux", lance-t-il.

. 2013, à Rio, là où tout a commencé

Le tant convoité sacre olympique désormais en poche, Riner reprend le chemin de l'entraînement la motivation intacte. "Homme de défis", comme le définit son entraîneur Franck Chambily, il veut accumuler les records. Et a l'intention de ne laisser échapper aucun titre mondial sur la route des JO-2016. C'est justement à Rio, là où tout a commencé pour lui en 2007, que la campagne brésilienne commence. La préparation de Riner a été perturbée par une pubalgie puis par une blessure à l'épaule gauche. Ca ne l'empêche pas de réaffirmer que le meilleur, c'est lui. Les ippons sont au rendez-vous, même contre le Brésilien Rafael Silva en finale, dans un Maracazinho surchauffé. Et de six pour Riner ! "Des journées comme ça, j'espère qu'il y en aura beaucoup d'autres !", rêve le judoka.

. 2014, agacé mais irrésistible

Sa saison n'est pas des plus tranquilles: Riner est opéré de l'épaule gauche en septembre 2013, ne retrouve l'entraînement que mi-novembre, devient papa d'un petit Eden en avril, et enchaîne les pépins physiques. Quand il arrive en Russie, à Tcheliabinsk, il n'a qu'une compétition dans les jambes. Sa journée commence malgré tout par des ippons en série. Jusqu'à la finale face au Japonais Ryu Shichinohe, qui se jette à terre pour défendre à chaque attaque de Riner. Qui s'en sort mais n'apprécie pas. "Lorsqu'on voit en finale mondiale un combattant se mettre à genoux, refusant de combattre, c'est énervant. J'aurais voulu m'exprimer correctement en finale, on m'en a un peu empêché. Je le dis, je suis frustré."

. 2015, le plus grand mais frustré

Riner subit une nouvelle opération, au coude droit cette fois, puis se blesse à un orteil. Mais il a rendez-vous avec l'histoire: il veut devenir le judoka le plus titré aux Mondiaux. Alors il met les bouchées doubles et s'offre ce huitième sacre inédit, encore aux dépens de Shichinohe. Mais à Astana (Kazakhstan), les sensations ne sont pas au rendez-vous. "Ca a été un peu la course contre la montre", retrace Riner. Mais "je marque mon territoire, souligne-t-il. Je ne compte pas et je ne vais pas m'arrêter à ça". A un an des Jeux de Rio, le message est limpide.

. 2017, retour en fanfare

Sa mission accomplie à Rio, Riner prend le temps de souffler. Cinq mois de vacances qui lui valent d'atteindre "des sommets inégalés" sur la balance à son retour à l'entraînement. L'année n'est pas des plus simples: tibia douloureux puis coude récalcitrant l'obligent à aborder les Mondiaux à Budapest sevré de compétition depuis sa finale olympique victorieuse plus d'un an auparavant. Mais rien n'arrête le rouleau compresseur Riner, qui ne s'épargne cependant pas une frayeur face au prometteur Géorgien Guram Tushishvili en demi-finales. La route vers Tokyo est ouverte.

cha-sc-es/ps