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29/08/2017 10:30 EDT | Actualisé 29/08/2017 10:40 EDT

Polémique au Pakistan sur la population recensée dans les grandes villes

Les résultats préliminaires du recensement titanesque effectué au Pakistan ont mis en évidence une explosion de la population dans les principales villes de ce pays, mais la croissance particulièrement importante de Lahore, le fief du pouvoir, a déclenché une polémique politique mardi.

Le Pakistan a organisé au printemps son premier recensement en 19 ans, après des retards notamment liés à des querelles entre responsables politiques inquiets des conséquences en matière de distribution du pouvoir et des fonds fédéraux.

A l'issue du précédent comptage, en 1998, la population de Lahore, dans l'est, avait été évaluée à 5,1 millions de personnes. Les premiers résultats pour 2017, dont de nouveaux détails ont été publiés tard lundi par le Bureau des statistiques du Pakistan (PBS), font état d'une croissance exponentielle de 116%, avec 11.126.285 d'habitants actuellement.

De tels résultats, qui comprennent une marge d'erreur de 2% selon des sources officielles, confirmeraient le poids de Lahore, la capitale de la riche province du Pendjab, fief du Pakistan Muslim League-Nawaz (PML-N) au pouvoir.

Mais ils ont rapidement été remis en question par l'opposition, particulièrement dans le sud, où la population de la mégapole portuaire de Karachi, capitale du Sindh, semble avoir augmenté plus lentement qu'attendu, selon les mêmes résultats.

Cette ville, poumon économique et industriel du Pakistan, comptait 9,3 millions d'habitants en 1998 et on estimait ces dernières années que la population se situait autour des 20 millions de personnes.

Mais les premiers chiffres du recensement font état d'une croissance de 59% depuis 1998 à Karachi et donc d'un total de 14.910.352 d'habitants.

Le porte-parole du PBS, Habubullah Khattak, a assuré à l'AFP qu'il n'y avait pas d'incohérences dans ces statistiques, expliquant que la différence pourrait s'expliquer par le découpage qui ne serait pas identique dans les deux agglomérations entre les zones urbaines et leur périphérie administrativement considérée comme rurale.

Pour certains partis d'opposition, le recensement a été "truqué" pour permettre au PLM-N de se maintenir au pouvoir à l'approche des élections législatives, prévues pour avant la fin de l'année prochaine.

Farooq Sattar, chef du parti Muttahida Qaumi Movement, au pouvoir de longue date à Karachi et dans le Sindh, a déploré "une grande injustice".

Pour Raza Haroon, secrétaire général du Pak Sarzameen, un parti basé à Karachi, qui s'exprimait sur Twitter, "les chiffres du recensement semblent sujets à controverse pour les villes, notamment Karachi - considérée jusque-là comme ayant plus de 22 millions d'habitants".

Le PBS a commencé vendredi soir à diffuser des résultats préliminaires aux termes desquels le Pakistan compte désormais officiellement plus de 207 millions d'habitants.

Une fois confirmés, les résultats du recensement devraient servir de base pour modifier la carte électorale, la répartition des sièges entre les provinces à l'Assemblée nationale ou encore la distribution des fonds fédéraux dans les prochains budgets.

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