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29/08/2017 06:40 EDT | Actualisé 29/08/2017 07:00 EDT

Macron plaide pour une Europe "à plusieurs formats" tirée par "une avant-garde"

Le président français Emmanuel Macron a déclaré mardi vouloir une Europe "refondée" et "à plusieurs formats", tirée par une "avant-garde" des pays qui voudront "aller plus loin" dans la convergence de leurs économies et de leurs politiques.

Dans les prochaines semaines, après les élections législatives du 24 septembre en Allemagne, "la France fera des propositions à ses partenaires pour renforcer la convergence économique et monétaire, et la convergence de nos politiques fiscales et sociales", a dit le chef de l'Etat lors de son premier grand discours de politique étrangère devant les ambassadeurs français réunis à Paris.

M. Macron proposera aussi d'approfondir l'Europe de la défense et de construire "une véritable Europe du climat et de l'énergie".

Le Brexit montre que "quand l'Europe n'est qu'un marché, elle est rejetée", a-t-il dit. Dans le passé, les pays de l'UE n'ont "même plus osé se réunir dans le format de la zone euro pour ne pas chagriner qui les Britanniques, qui les Polonais", a-t-il déploré.

"Cela doit nous obliger à être plus innovants: nous devons penser une Europe à plusieurs formats, aller plus loin avec tous ceux qui souhaitent avancer, sans être entravés par les Etats qui désirent, et c'est leur droit, avancer moins vite ou moins loin", a-t-il poursuivi.

M. Macron a plaidé à plusieurs reprises pour l'instauration d'un ministre des Finances d'une zone euro qui serait également dotée d'un plan d'investissements.

La chancelière allemande Angela Merkel, beaucoup plus prudente sur ces questions, a redit mardi lors d'une conférence de presse n'avoir rien "contre l'idée d'un ministre des Finances" mais que "nous devons encore clarifier ce que pourrait faire ce ministre".

Elle a également indiqué "pouvoir imaginer un ministre de l'Economie et des Finances" commun capable de coordonner les politiques économiques et budgétaires des pays de la zone euro et a évoqué un budget très restreint de la zone Euro pour financer certains domaines, comme la recherche scientifique, dans les pays en difficulté financière.

Le 13 juillet, à l'issue du conseil des ministres franco-allemand à Paris, Mme Merkel avait déjà indiqué n'avoir "rien contre un budget de la zone euro" et qu'"on peut parler" d'un "ministre européen des Finances", observant que ces questions ne pourraient être tranchées qu'après les législatives allemandes du 24 septembre.

Au cours de sa récente tournée en Europe de l'Est, Emmanuel Macron avait déjà appelé ses partenaires à rejoindre ce "coeur" des pays les plus volontaires.

Pour la France, "le lieu où construire les outils de notre puissance, le lieu de notre souveraineté aujourd'hui, c'est l'Europe", a-t-il dit, rappelant le rôle central de l'alliance franco-allemande.

Martelant son credo d'"une Europe qui protège" il a notamment cité la réforme du droit d'asile et une meilleure protection face au dumping. Il a aussi cité l'exemple de ses efforts pour durcir la directive sur le travail détaché, afin de lutter contre la recherche du "moins-disant fiscal ou social".

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