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29/08/2017 10:49 EDT | Actualisé 29/08/2017 11:00 EDT

Les Irakiens s'estiment lésés par l'accord pour sécuriser la frontière libanaise

Les Irakiens étaient mardi vent debout contre l'accord conclu pour évacuer les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) de la frontière libano-syrienne vers la frontière irako-syrienne, les autorités exprimant leur "inquiétude" alors que les réseaux sociaux s'enflammaient pour dénoncer une "injustice".

Lundi, quelques centaines de jihadistes et leurs familles ont quitté la frontière libano-syrienne à bord de bus vers Deir Ezzor (est), seule province syrienne encore sous contrôle de l'EI, située le long de la frontière avec l'Irak.

Mardi en fin de journée, le Premier ministre Haider al-Abadi s'est dit "très inquiet" de la présence "inacceptable" de jihadistes à sa frontière. "En Irak, nous affrontons les jihadistes, nous ne les déplaçons pas vers la Syrie", a-t-il martelé.

Depuis la veille, des messages d'indignation et des commentaires amers se répandent sur les réseaux sociaux et occupent les conversations des Irakiens.

De nombreux internautes irakiens estimaient que Beyrouth se comportait selon le principe "après le Liban, le déluge" ou "les Irakiens ne valent rien".

Stephen Nabil, militant en vue de la société civile, dénonce ainsi dans une vidéo sur Facebook "une injustice". Des "centaines" de jihadistes seront désormais le long de la frontière "qui n'est pas sécurisée" et proche des trois villes du désert occidental irakien encore entre leurs mains, souligne-t-il.

"Nous savons quels dégâts peut provoquer une seule voiture (piégée) à Bagdad ou un seul kamikaze", dit-il encore, alors qu'un nouvel attentat à la voiture piégée a fait lundi 11 morts dans la capitale.

De son côté, le commentateur politique irakien Hicham al-Hachemi qualifie également d'"injuste" l'accord conclu après une semaine de combats entre jihadistes et armée libanaise d'un côté de la frontière, et jihadistes, Hezbollah chiite et armée syrienne de l'autre.

Ce plan "renvoie le danger du Liban vers l'Irak alors même que les Irakiens ont accepté de voir la deuxième ville de leur pays (Mossoul) entièrement détruite pour ne laisser aucune chance aux jihadistes de s'enfuir et de menacer les pays voisins", affirme-t-il encore dans un texte posté sur Facebook.

"Il faut faire très attention", estime pour sa part la journaliste Salma al-Khafaji, car "ce rassemblement pourrait permettre à l'EI de se restructurer pour une nouvelle bataille contre l'Irak", dont les forces espèrent annoncer "d'ici quelques jours", selon M. Abadi, la reprise d'un des derniers bastions de l'EI dans le nord du pays, à Tal Afar.

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