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29/08/2017 08:19 EDT | Actualisé 29/08/2017 08:40 EDT

Jérusalem: deux députés juifs israéliens sur l'esplanade des Mosquées

Deux députés juifs israéliens sont retournés mardi sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem pour la première fois depuis 2015, après la levée partielle d'une interdiction imposée par crainte de tensions avec les musulmans, ont rapporté des journalistes de l'AFP et la police.

Ces visites sont largement considérées par les Palestiniens comme une provocation et un empiètement israélien supplémentaire sur l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam. Elles ont été vivement condamnées par les gouvernements palestinien et jordanien.

La visite du député Yehuda Glick, militant du droit des juifs à prier sur l'esplanade, s'est déroulée sans incident, en dehors de cris de "Dieu est le plus grand" lancés en forme de protestation à son adresse par des fidèles musulmans présents sur le site ultrasensible, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Selon la police, une autre parlementaire de droite, Shuli Moalem-Refaeli, s'est rendue elle aussi sur l'esplanade, appelé Noble sanctuaire par les musulmans et mont du Temple par les juifs, qui le révèrent également comme leur site le plus sacré.

Les juifs (en dehors des députés depuis 2015) ont le droit de visiter le site à certaines heures, mais y prier est seulement permis aux musulmans.

Yehuda Glick a cependant reconnu auprès des journalistes à sa sortie avoir prié en son for intérieur pour sa femme, actuellement dans le coma, pour sa famille et pour Israël. Il a marché sur l'esplanade les pieds nus.

M. Glick et Mme Moalem-Refaeli ont profité de la décision récente du Premier ministre Benjamin Netanyahu de lever pendant une journée, à titre expérimental, l'interdiction de visite pour les députés juifs, décidée en octobre 2015 lors de vives tensions entre Israéliens et Palestiniens.

Située dans la Vieille ville à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, l'esplanade, avec la mosquée al-Aqsa et le dôme du Rocher dans son enceinte, est au coeur du conflit israélo-palestinien. Ses accès sont sous le contrôle des forces israéliennes. Mais le site lui-même reste sous la garde de la Jordanie pour des raisons historiques.

La crainte de voir Israël prendre le contrôle total de l'esplanade mobilise chroniquement les Palestiniens, comme cela fut le cas fin 2015 ou pendant deux semaines en juillet 2017. Le gouvernement israélien se défend de vouloir remettre en cause le statu quo.

Yehuda Glick avait échappé de peu à la mort le 29 octobre 2014 à Jérusalem. La police avait abattu son agresseur palestinien présumé le lendemain.

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a dénoncé les visites comme "l'une des violations" commises par Israël contre les lieux saints de Jérusalem, lors d'un point presse au côté du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"Nous réclamons que l'ONU prenne des mesures sérieuses et efficaces pour protéger les lieux saints musulmans et chrétiens de Jérusalem", a-t-il dit.

Le gouvernement jordanien a condamné, de la part du gouvernement israélien, une "décision irresponsable qui ne fera qu'accroître les tensions et l'escalade sur des lieux sacrés pour tous les musulmans".

Mohamed al-Momani, porte-parole du gouvernement, a appelé le gouvernement israélien à rétablir l'interdiction de visite faite aux députés, soulignant qu'"en tant que puissance occupante", Israël avait le devoir "d'empêcher les provocations de la part d'extrémistes contre al-Aqsa".

Les députés juifs étaient autorisés à visiter l'esplanade dans la matinée, les parlementaires musulmans dans l'après-midi. Mais ces derniers ont indiqué ne pas avoir l'intention de le faire.

En permettant la visite aux politiciens de droite, "on cherche à provoquer les Arabes et les musulmans et à envenimer la situation", a dit l'un de ces députés, Massoud Ganaim.

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