NOUVELLES
29/08/2017 01:12 EDT | Actualisé 29/08/2017 01:20 EDT

GB: le gouvernement lance une réforme de la gouvernance des sociétés

Le gouvernement britannique a annoncé mardi une réforme de la gouvernance des entreprises afin de surveiller les rémunérations des patrons et prendre en compte l'opinion des salariés, mais ces changements sont moins ambitieux que prévus.

Le ministre de l'Economie, Greg Clark, a présenté une série de mesures après avoir lancé une consultation sur le sujet à la fin novembre de l'année dernière. Ce processus de réforme, souhaité par la Première ministre Theresa May, a été lancé pour répondre au mécontentement de l'opinion vis-à-vis des excès du capitalisme au Royaume-Uni, manifeste à l'occasion du vote pour le Brexit en juin 2016.

L'une des mesures emblématiques du paquet dévoilé mardi, qui devrait faire l'objet d'une loi, consiste à imposer aux grandes sociétés cotées en Bourse de publier chaque année l'écart de rémunération entre leur directeur général et la paie moyenne des employés.

Un registre public sera créé par ailleurs, afin d'y inscrire les noms des entreprises dont au moins un cinquième des actionnaires ont voté contre la politique de rémunération des dirigeants. Ceci a pour but d'inciter les sociétés à tenir compte de l'avis de leurs actionnaires, afin d'éviter la mauvaise publicité que constituerait l'inscription à ce registre.

Dans le livre vert publié fin novembre, le gouvernement envisageait toutefois d'aller plus loin, en évoquant la possibilité pour les actionnaires de disposer d'un droit de veto sur la rémunération des dirigeants, alors que les votes organisés en assemblée générale à ce sujet sont d'habitude simplement consultatifs.

Un autre pan important des annonces de mardi concerne la prise en compte des salariés au sein des conseils d'administration des sociétés cotées.

En arrivant au pouvoir après le choc du vote pour le Brexit, Mme May avait dit vouloir imposer la désignation d'un représentant des salariés. Les mesures présentées laissent toutefois plusieurs options aux entreprises à ce sujet: elles pourront soit, effectivement, nommer un représentant parmi les salariés, mais elles pourront à défaut charger un administrateur non-exécutif de porter la voix des employés.

Stephen Martin, le directeur général de l'une des principales organisations patronales, l'Institute of Directors, a salué "l'approche pragmatique du gouvernement pour améliorer le fonctionnement des conseils d'administration".

La secrétaire générale de la confédération syndicale TUC, Frances O'Grady, a au contraire dénoncé "un abandon de la promesse de Theresa May de s'attaquer aux excès des entreprises". "Ces mesures sont faibles et permettront aux entreprises de continuer de fonctionner comme avant", a-t-elle regretté.

pn/jbo/lb