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25/08/2017 23:59 EDT | Actualisé 26/08/2017 00:20 EDT

Rebelles musulmans rohingyas en Birmanie: les combats se poursuivent

Les combats se poursuivaient samedi dans l'ouest de la Birmanie entre forces de l'ordre et rebelles musulmans rohingyas, au lendemain de violences qui ont fait au moins 89 morts, a-t-on appris auprès de la police.

"Les combats se poursuivent à Myo Thu Gyi, près de Maungdaw", la grande ville du nord de l'Etat Rakhine, a déclaré à l'AFP un responsable de la police locale.

Au moins 89 personnes dont 12 membres des forces de sécurité ont été tuées vendredi après des attaques de musulmans rohingyas contre plus de 20 postes de police, des violences sans précédent depuis des mois.

Le policier interrogé par l'AFP a aussi fait état de la disposition par les rebelles de "nombreuses mines artisanales" sur les routes.

"Il y a des attaques sporadiques, la situation est confuse. Le siège de l'administration à Maungdaw a aussi essuyé des tirs", a précisé ce responsable.

Des habitants ont témoigné avoir entendu des tirs. Les rues de la ville étaient vides samedi, marchés et boutiques étant restés fermés.

"Certains ont eu peur et ont fui leurs villages. Certains ont trouvé refuge dans des monastères" boudhistes, a déclaré à l'AFP Kyaw Min Tun, responsable du village de Buthidaung.

Ici comme à Maungdaw, un couvre-feu est désormais en vigueur toutes les nuits.

L'Etat Rakhine est secoué depuis plusieurs années par de fortes tensions entre musulmans et bouddhistes.

Y vivent des dizaines de milliers de Rohingyas, minorité musulmane victime de fortes discriminations en Birmanie, sans accès aux hôpitaux, aux écoles, au marché du travail.

Depuis quelques mois, des groupes rebelles s'organisent, menant des attaques, au premier rang desquels l'Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA).

Les dernières importantes attaques meurtrières contre des postes de police de l'automne 2016 avaient été suivies par un durcissement des actions de l'armée dans la région, avec des villages incendiés et une fuite massive de Rohingyas vers le Bangladesh voisin. Ceux-ci avaient livré des récits d'atrocités commises par l'armée.

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