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26/08/2017 11:34 EDT | Actualisé 26/08/2017 11:43 EDT

Harvey, maintenant une tempête tropicale, déferle sur le Texas

CORPUS CHRISTI, Texas — L'ouragan Harvey a dévasté résidences et commerces, samedi, le long de la côte du Texas, et fait déferler des vents et des torrents de pluie si intenses que les automobilistes se voient forcés de quitter la route.

En après-midi, le Centre national des ouragans des États-Unis, à Miami, a signalé qu'il s'agissait dorénavant d'une tempête tropicale, mais que ses pluies torrentielles pourraient tout de même générer des inondations «catastrophiques».

Les météorologues attendent jusqu'à un mètre de précipitations d'ici mercredi, et certaines régions avaient déjà un reçu un demi-mètre samedi. 

L'ouragan — le plus puissant de la dernière décennie, aux États-Unis — a touché terre vers 22 h, heure locale, vendredi, à près d'une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Corpus Christi. Sa force est passée de catégorie 4 à 1 sur une échelle de 5 au cours de la nuit, alors que ses vents avaient ralenti à 144 km/h.

Des dizaines de milliers de résidents du Texas, notamment de Houston, la quatrième plus grande ville des États-Unis, ont fui leur domicile pour ne pas avoir à affronter les intempéries. Des centaines de milliers se sont vus privés d'électricité.

Sur la trajectoire de l'ouragan se trouvent des usines chimiques, des raffineries pétrolières et des régions particulièrement vulnérables aux inondations.

Dans le pire des scénarios, Harvey pourrait longer la côte pendant plusieurs jours et maintenir suffisamment de force pour demeurer une tempête tropicale. L'ouragan pourrait retourner dans les eaux chaudes du golfe du Mexique, qui l'alimentent, et frapper à nouveau la région de Houston et de Galveston plus tard cette semaine.

Patrick Dunn, un Trifluvien établi à Corpus Christi, craint cette éventualité.

Sa famille et lui sont partis trouver refuge dans un hôtel d'Austin, où ils comptent rester au moins jusqu'à lundi.

«On l'avait déjà vécu dans nos premières années ici et puis on s'en sortait toujours assez bien, a-t-il raconté. Cette année, on l'a eu presque en pleine gueule. On a placardé les fenêtres, essayé de ramasser les grills, les tables, les chaises, les accessoires de piscine dehors.»

«J'ai un voisin un peu plus 'redneck' que moi (qui est resté), qui est bien équipé; lui il avait des génératrices et ainsi de suite», a-t-il poursuivi, en entrevue avec La Presse canadienne.

Sa fille, Sarah Dunn, fréquente l'Université Texas A&M, où la rentrée a été annulée.

Elle a bien peur que le pire reste à venir.

«C'est vraiment épeurant. On entend toujours des affaires sur des ouragans qui causent des dommages, a-t-elle lancé. Tu ne penses jamais que ça va t'arriver, c'est irréel.»

Elle souligne que certains de ses amis ayant eux aussi abandonné leur domicile ont mis huit heures à faire un trajet d'une durée habituelle de deux heures, jeudi, alors que plusieurs ont pris la route pour fuir la trajectoire de Harvey.

En entrevue vendredi, la Québécoise Marie-Ange Saint-Laurent a dit avoir elle aussi tenté d'éviter la tempête.

Elle venait alors de quitter Houston, où régnait une ambiance de chaos.

«C'était vraiment stressant, je suis allée dans un supermarché pour faire des provisions et j'ai réussi à mettre la main sur la dernière caisse de bouteilles d'eau, a-t-elle raconté. Et sur la route, il y a une ambiance de panique, les gens se coupent la route, et il y a des accidents un peu partout, les gens sont en mode survie».

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, signale qu'aucune mort n'a encore été confirmée en lien avec Harvey.

Il est trop tôt pour s'avancer sur l'ampleur des dommages, a-t-il ajouté.

À Corpus Christi, l'aube a révélé des arbres, des lampadaires et des tuiles de toiture au sol. Les services d'urgence ont vu leur tâche compliquée par ces débris jonchant les routes.

Le maire de Rockport, Charles Wax, rapportait samedi la destruction de plusieurs maisons et commerces, faisant état d'une «dévastation répandue». Les communications d'urgences ont été embrouillées par une panne du réseau cellulaire, a-t-il ajouté.

Une dizaine de personnes auraient été blessées, sans gravité cependant.

Vendredi soir, le maire intérimaire, Patrick Rios, avait recommandé aux résidents refusant d'abandonner leur domicile d'écrire sur leur bras avec un marqueur permanent pour faciliter leur éventuelle identification.

Samedi, la garde côtière a déployé deux hélicoptères pour secourir les équipages de trois bateaux-remorqueurs à proximité de Port Aransas.

Les autorité texanes ont aussi procédé à l'évacuation de quelque 4500 détenus dans trois prisons du sud de Houston après que la pluie eut fait sortir de son lit une rivière avoisinante.