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24/08/2017 10:55 EDT | Actualisé 24/08/2017 11:00 EDT

La Suède convoque l'ambassadeur de Turquie sur l'arrestation de deux de ses ressortissants

Stockholm a convoqué jeudi l'ambassadeur de Turquie en Suède afin d'évoquer l'arrestation de deux de ses ressortissants par Ankara, signe de dégradation des relations entre les deux pays.

Le Suédois Ali Gharavi, consultant en technologie de l'information, avait été interpellé alors qu'il participait le 5 juillet à un séminaire sur la liberté de l'internet près d'Istanbul. D'autres militants, dont la directrice d'Amnesty International en Turquie, avaient également été arrêtés à cette date.

L'écrivain turco-suédois Hamza Yalcin, critique envers le régime d'Ankara et qui collabore avec des médias de gauche en ligne, avait été arrêté à 3 août à Barcelone en vertu d'un mandat d'arrêt international lancé par la Turquie.

L'ambassadeur turc a rencontré jeudi Annika Soder, la secrétaire d'Etat auprès de la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallstrom, dans l'enceinte du ministère.

"Le reste du gouvernement (suédois) et moi avons depuis longtemps clairement exprimé aux responsables turcs notre vision de ces affaires ainsi que celle sur les évolutions inquiétantes en Turquie", a écrit Margot Wallstrom dans un message posté jeudi sur Facebook .

"Nous avons souligné que les derniers événements avaient un impact direct sur notre relation et celle de l'Union européenne avec la Turquie", a t-elle ajouté.

Ankara accuse les deux ressortissants suédois de "soutenir des organisations terroristes", expression qui désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté le putsch manqué du 15 juillet 2016, et les séparatistes kurdes du PKK.

Les groupes de défense des droits de l'Homme soutiennent que ces arrestations visent à réduire au silence les dissidents politiques, sous couvert d'un état d'urgence mis en place après le coup d'Etat manqué.

Qualifiant son arrestation en Espagne de "cauchemar kafkaïen", M. Yalcin a écrit lundi dans le quotidien suédois Expressen: "Mon monde s'effondrait. Mes vacances ont viré à l'enfer sur terre. Pourquoi cela m'arrive maintenant?".

Il a estimé que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait "personnellement" utilisé l'organisation internationale de police Interpol pour l'interpeller.

Margot Wallstrom a expliqué que la Suède voulait "s'assurer" que les mandats d'Interpol ne puissent pas être utilisés abusivement à des "fins politiques". "C'est particulièrement grave dans les affaires qui risquent d'affecter la liberté d'expression", a-t-elle estimé.

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