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24/08/2017 12:14 EDT | Actualisé 24/08/2017 12:20 EDT

Elections 2017-2018 à Cuba: des dissidents se disent victimes d'"intimidations"

Une branche de la dissidence cubaine a affirmé jeudi que plusieurs de ses candidats au processus électoral devant mener au remplacement de Raul Castro en février 2018 étaient la cible d'"intimidations" des autorités.

Manuel Cuesta Morua, dirigeant de la plate-forme "Otro18", qui regroupe plusieurs petites organisations dissidentes, a assuré jeudi devant la presse que deux de ses candidats avaient récemment été victimes de condamnations de circonstance visant à les empêcher de se présenter aux élections qui débuteront en octobre prochain.

Rolando Columbie a été condamné à six mois d'assignation à résidence pour "un délit supposé de vol", et Rolando Caceres à cinq ans de prison ferme pour "une vieille affaire de trouble à l'ordre public" datant de 2011 qui a été "réactivée", a-t-il déclaré.

En outre, a affirmé M. Cuesta Morua, "plusieurs de nos candidats sont intimidés dans leurs circonscription". Selon lui, ils sont notamment la cible d'arrestations temporaires, de saisies de biens et de campagnes de dénigrement menées par les autorités.

"Le gouvernement veut éviter la légitimation des voix dissidentes", a encore accusé cet opposant réputé modéré qui a rencontré à deux reprises l'ex-président américain Barack Obama alors qu'il était en fonctions.

La plateforme "Otro18", bien qu'illégale au même titre que les autres formations d'opposition, veut présenter pas moins de 171 candidats aux municipales d'octobre. Aucune autre organisation dissidente n'a pour l'heure annoncé ses intentions en vue du scrutin.

Ces élections locales constituent la première étape d'un processus devant mener à l'élection des 612 députés de l'Assemblée nationale, qui éliront le Conseil d'Etat, ensuite chargé de désigner son président le 24 février 2018.

Titulaire du poste depuis février 2008 et âgé de 86 ans, Raul Castro a déjà annoncé qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat, mais il n'a à ce jour pas précisé s'il resterait à la tête du Parti communiste cubain (PCC).

En 2015, l'opposition était parvenue à déjouer les contrôles en présentant deux candidats aux municipales, une première depuis des dizaines d'années, mais ils avaient finalement été battus.

Privée d'accès aux médias officiels, la dissidence est considérée par les autorités cubaines comme un groupement de "mercenaires" manipulés par des intérêts étrangers. Le gouvernement ne commente presque jamais les accusations des opposants à son encontre.

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