NOUVELLES
23/08/2017 23:28 EDT | Actualisé 23/08/2017 23:40 EDT

Crise sur la double nationalité en Australie: la Haute cour se donne deux mois

Le gouvernement conservateur australien devra attendre au moins deux mois pour savoir si sa très courte majorité à la chambre des Représentants sera remise en cause par l'affaire de la double nationalité de certains de ses membres.

Sept parlementaires issus de plusieurs partis se sont retrouvés piégés par une clause obscure de la Constitution qui interdit aux titulaires d'une double nationalité de siéger au Parlement.

La coalition conservatrice du Premier ministre Malcolm Turnbul ne détient qu'un siège de majorité à la chambre basse du Parlement. Or, le Premier ministre adjoint Barnaby Joyce, un représentant, s'est découvert une nationalité néo-zélandaise.

La Haute cour, qui a commencé à examiner le dossier jeudi, a décidé de le renvoyer au 10 octobre, avec une audience prévue sur trois jours.

Si la justice disqualifiait M. Joyce, le gouvernement pourrait être renversé.

"Il est de toute évidence urgent d'éclaircir la situation", a déclaré à la presse le ministre de la Justice George Brandis.

La Haute cour avait été saisie initialement de cinq cas de parlementaires qui se sont retrouvés à leur insu dans l'illégalité mais deux autres cas s'ajouteront au dossier à l'audience d'octobre, a-t-il précisé.

M. Joyce a annoncé il a quelques jours qu'il était détenteur d'une nationalité néo-zélandaise héritée automatiquement de son père. Le Premier ministre adjoint, né en Australie, a refusé de démissionner.

Deux autres membres du gouvernement sont concernés, les sénateurs Fiona Nash et Matt Canavan. Ce dernier a démissionné de son poste de ministre des Ressources après s'être découvert une nationalité italienne.

La coalition conservatrice est déjà minoritaire au Sénat.

La saga avait commencé en juillet avec la démission du sénateur vert Scott Ludman, également titulaire de la nationalité néo-zélandaise.

La clause sur la double nationalité a été introduite dans la Constitution de 1901 afin d'assurer que les parlementaires n'aient "aucune adhésion à une puissance étrangère".

Cette disposition date d'une époque où les Australiens pensaient encore qu'ils devaient en premier lieu fidélité à la couronne britannique. Dans un pays où 50% de la population est née à l'étranger ou est née de parents immigrés, elle apparaît de plus en plus archaïque.

Le sénateur indépendant Nick Xenophon, piégé par sa nationalité britannique, a exigé que le statut de tous les parlementaires australiens soit passé au crible. "Si j'ai des problèmes, alors des dizaines d'autres au Parlement ont des problèmes", a-t-il déclaré sur Sky News mercredi.

En dépit du danger qui menace la coalition formée par le Parti libéral du Premier ministre et le Parti national, M. Turnbull s'est dit confiant.

"Je suis très sûr que la Haute cour jugera que les parlementaires concernés par le problème de la double-nationalité en raison de leurs origines ne seront pas disqualifiés".

grk/ns/ev/lch